LA SOIRÉE qui se profile ressemble à une page blanche pour l’équipe de France. Avec tout à écrire et à inventer. C’est évidemment la même chose à chaque début d’éliminatoires, davantage encore après une débâcle puisque la retraite des uns, les mises à l’écart ou les blessures des autres ouvrent toujours sur de l’inédit.
Verra-t-on comme en Suisse des Bleus traumatisés, embourgeoisés, imbus d’eux-mêmes, bref une addition d’individualités sans âme ni inspiration, pâle copie de ce que furent les « vice-champions du monde » il n’y a pas si longtemps ? Ou bien redécouvrira-t-on cette équipe conquérante, flamboyante, chavirante, surprenante de l’été 2006 ?
L’énorme obligation de résultat qui s’attache à ce voyage n’est pas nouvelle. Elle ramène aux devoirs d’un sélectionneur qui joue sa tête d’ici au 11 octobre (après Roumanie - France). Raymond Domenech entre aujourd’hui de plain-pied dans une logique qu’il connaît, pour avoir entendu le public réclamer sa destitution, en juin dernier. Il s’impose à l’évidence que les joueurs et leur coach ont besoin de gagner.
Vigilance
Leur horizon n’est pourtant pas si sombre. Il est seulement incertain. Mais si la thèse de la reconstruction pourra être retenue à de nombreux titres, et notamment pour quelque imperfection en passant, elle ne pourra jamais servir à cautionner un départ manqué face à l’Autriche. Ne pas vaincre ce soir est presque un luxe inaccessible dans ce groupe 7.
Si avec ça les Bleus restent en cale sèche, alors évidemment il faudra tout changer. Les joueurs, le sélectionneur, le président de la Fédération et le système tout entier. Jusque-là, gardons-leur notre confiance. Avec vigilance tout de même…
Le Parisien










