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QUATRE QUESTIONS POUR COMPRENDRE

Olivier Baccuzat, Bruno Mazurier et Daniel Rosenweg | 07.10.2008, 07h00
 

1 Pourquoi ce nouveau krach ?

Au lieu de rassurer, la multiplication des plans de sauvetage de banques, notamment ceux mis en place en Allemagne, en Belgique et en Italie, dans la nuit de dimanche à lundi, a provoqué au contraire une débandade généralisée. Comme le souligne Marc Fiorentino, président de la société de Bourse Euroland : « Il y a une vraie panique due à l’attitude du gouvernement qui, à se réunir tous les jours et à dire que tout va bien en permanence, provoque l’effet inverse à celui recherché.

Résultat, tout le monde se dit qu’on est vraiment au bord du gouffre. » Avis similaire de Nicolas Bouzou, le directeur d’Asterès, pour qui on assiste à « une véritable paranoïa. Dès que les gouvernements font des annonces qui devraient rassurer, elles inquiètent ». Eric Delannoy, directeur du pôle banque-assurance chez Weave, est plus nuancé : « Il y a trop d’incertitudes et de contradictions. Incertitudes sur le plan Paulson. Et contradiction au mini-sommet européen de ce week-end. Après de simples déclarations d’intention, on apprend que 15 milliards ont été débloqués pour sauver la banque allemande Hypo Real Estate. Tout cela ne rassure pas les marchés. » Plus généralement, plus personne n’a confiance en personne.

2 Qui vend et provoque une rechute des marchés ?


Les acteurs financiers, les actionnaires particuliers mais aussi les institutionnels (compagnies d’assurances, fonds d’investissement...). « Les fonds spéculatifs (NDLR : les hedge funds) et tous les fonds qui, comme les compagnies d’assurances, ont besoin de liquidités pour verser les pensions de retraite chaque mois, sont vendeurs, précise Ludovic Eyt-Dessus, directeur général associé de la société de gestion Montségur Finance. Ils demandent aux gérants de céder leurs titres, quitte à les céder à perte. »

3 Pourquoi les particuliers cèdent-ils leurs actions ?


« Ils ont pris peur et ont désormais une totale horreur du risque », soulignent en choeur Marc Fiorentino et Nordine Naam, analyste chez Natixis. « Les petits porteurs se débarrassent de tout ce qui représente un placement risqué. Ils veulent être vraiment liquides, et ne plus entendre parler que du célèbre livret A, qui rapporte 4 % d’intérêt par an totalement net d’impôts », explique le premier.

4 Que faudrait-il faire pour rétablir la confiance ?

Continuer à soutenir les banques en difficulté, selon un proche du ministre de l’Economie, Christine Lagarde, qui souligne que la faillite de la banque Lehman aux Etats-Unis est « vraiment l’exemple à éviter ». D’ailleurs, certains regards restent toujours tournés vers les gouvernements ou Etats. Comme Nordine Naam : « Il faudrait des prises de participations plus importantes encore de leur part dans les établissements, considère-t-il. Certes, cela risque de coûter cher. Mais probablement beaucoup moins que si ces établissements bancaires et financiers s’effondrent. » D’autres préconisent de nouveaux rapprochements bancaires, comme l’économiste Nicolas Bouzou, directeur du cabinet Asterès : « Il y a trop de banques trop petites, une consolidation du secteur est nécessaire avec de gros établissements paneuropéens pour réaliser des économies d’échelle et aller chercher de l’argent pas cher. » Alors que le directeur du Crédoc, Robert Rochefort, préfère qu’on se penche sur « la préservation de l’économie réelle », à savoir les entreprises.

Le Parisien

 
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