CADEL EVANS roulait vers la victoire, mais Carlos Sastre s’est mis en travers de sa route. Sur les Champs-Elysées tout à l’heure, Evans ne sera pas le premier Australien à inscrire son nom au palmarès. De son côté, Sastre parachèvera la 11 e victoire espagnole, la 3 e consécutive Pereiro (après déclassement de Landis en 2006) et Contador (2007).
Sastre, coureur taciturne de 33 ans, n’a pas a priori la carrure du vainqueur du Tour. Grimpeur de classe, il s’est glissé à quatre reprises dans les dix premiers à Paris depuis 2003. Cette année, il a su exploiter l’absence de gros bras, mis sur la touche à cause du dopage, et dont certains le devançaient les années précédentes : Basso, Contador, Vinokourov, Leipheimer, Landis, Klöden, etc. Il a su aussi profiter de la richesse de son équipe, CSC, pour attaquer au moment opportun. Dans ce Tour un peu fou, l’Allemand Stefan Schumacher, comme à Cholet, a, une nouvelle fois, dominé hier les meilleurs. Mais surtout, Sastre, petit grimpeur (1,73 m pour 60 kg) mal posé sur sa machine, n’a eu aucune peine à maîtriser Evans, rouleur patenté.
Des 94 secondes d’avance qu’il comptait sur l’Australien (7 e hier), le Madrilène (12 e ) en a préservé les deux tiers. A l’évidence, Evans n’avait plus les forces nécessaires.
« La prime à l’offensive »
« Son coup de pédale ne tournait pas rond », a constaté Eddy Merckx. « L’équipe CSC (de Sastre) était très forte et ils ont bien exploité ça », admet Marc Sergeant, directeur sportif d’Evans, en référence au harcèlement qu’a subi son coureur dans les Alpes. Car, c’est sur ces pentes que Sastre a bondi, en deux occasions, vers Prato Nevoso pour 47’’ reprises à Evans , puis lors de son cavalier seul vers l’Alpe-d’Huez (2’15’’ creusées sur Evans).
« On a voulu donner la prime à l’offensive, donc on ne peut qu’apprécier que le vainqueur final soit celui qui a attaqué », souligne Christian Prudhomme. Alors, bravo à Sastre !
Le Parisien











