RAYMOND DOMENECH entre en scène ce soir, escorté de toutes les attentes. Les siennes, d’abord, puisqu’il joue gros à l’instant de retrouver la compétition officielle, lui qui vient de laisser le public français sur un Euro totalement raté. Ses Bleus se doivent de gagner en Autriche pour se lancer convenablement dans les éliminatoires.
Par ricochet, le sélectionneur détient entre ses mains les destinées de Jean-Pierre Escalettes, le président de la Fédération française (FFF). A 73 ans, le natif de Béziers rêve de se représenter à la tête de l’instance gouvernante du football français. L’élection aura lieu le 13 décembre mais il doit annoncer sa décision vendredi prochain lors du conseil fédéral. Sa position est donc un secret de polichinelle : depuis plusieurs mois, Escalettes a décidé de briguer sa propre succession, avec peut-être l’idée de s’arrêter à mi-mandat, histoire de laisser la place à un homme plus jeune. Mais vendredi, à l’heure d’officialiser son choix, on connaîtra les résultats des rendez-vous autrichien et serbe.
Gagner sauverait plusieurs têtes
Dans le pire des cas, les Bleus peuvent terminer la semaine avec deux défaites et zéro point, ce qui serait honteux au regard des adversaires proposés et quasi rédhibitoire dans la course à la qualification pour le Mondial 2010. Un point pris ne serait guère plus flatteur. Escalettes et toute son équipe se retrouveraient alors dans une posture intenable : ils demanderaient à l’ensemble du football français, pros comme amateurs, de renouveler sa confiance à l’homme qui a choisi de maintenir le sélectionneur national en place. Il faudrait être des génies pour réussir pareil tour de passe-passe… C’est dire si la Fédération attend avec crainte les premiers pas du « nouveau » Domenech ce soir à Vienne. Gagner sauverait plusieurs têtes.
Le Parisien









