«C’EST à vous de faire ce que vous voulez de votre avenir. A partir d’aujourd’hui, le sursis avec mise à l’épreuve ce sera terminé. Vous avez compris ? » Hier soir, Céline Ballerini, la présidente du tribunal correctionnel de Melun, interroge un jeune de 19 ans de Combs-la-Ville. Présenté en comparution immédiate pour des violences en réunion commises mercredi soir pour une place de parking à Boissise-le-Roi, le prévenu acquiesce.
Reconnu coupable, il a été condamné à deux ans de prison dont dix-huit mois avec sursis et mise à l’épreuve pendant vingt-quatre mois. Son casier judiciaire avec treize condamnations, notamment pour des vols et violences, a joué en sa défaveur. Son copain de 19 ans a écopé d’un mois de prison avec sursis. Une sanction qui s’accompagne d’une mise à l’épreuve pendant vingt-quatre mois avec obligation de soins et de travail. Lui aussi a exprimé des regrets : « Les grands qui nous ont entraînés dans cette histoire ne sont pas là. »
Mercredi soir, les deux garçons se sont retrouvés « embarqués » dans une expédition punitive. « On a fait une descente à plusieurs. On nous a demandé de venir mais nous ne savions pas pourquoi ni où. Au départ, c’était pour discuter », explique l’un des deux garçons. A l’origine de l’affaire ? Une place de parking qu’un habitant aurait prise à la place de sa voisine. Cette dernière s’en était plainte à un ami de 27 ans, de Combs-la-Ville, qui a donc débarqué mercredi à Boissise-le-Roi en compagnie de neuf camarades. L’un d’eux était armé d’un poing américain.
« Un coup de poing et un coup de casque »
La discussion commence avec le voisin mis en cause. « Il a eu la surprise de voir une dizaine de personnes en capuchon sur la tête », souligne la présidente. « C’est vrai, reconnaît l’un des prévenus. Mais c’était pour impressionner. » La victime, qui ne s’est pas présentée comme partie civile, se fait rouer de coups. Elle a une plaie à la tête et souffre d’un traumatisme crânien. « Je lui ai donné un coup de poing et un coup de casque, avoue l’un des jeunes. « Moi, je l’ai tenue par l’épaule pour la tenir à l’écart », reconnaît l’autre.
Me Sylvie Vincent, l’avocate des prévenus, a insisté : « Vous avez ici les deux gamins qui payent pour les autres. A la base, c’est un différend qui ne les concernent pas. L’incarcération n’est pas la solution. »
Le Parisien











