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France 2, 16 h 15 / Nouveauté

Guillaume Durand s’empare de nos objets

R.S.-C. | 07.09.2008, 07h00
 

IL HESITAIT à mettre une veste. On lui a imposé le gilet. « Ça fait plus après-midi », s’amuse Guillaume Durand. L’animateur d’« Esprits libres », prié de céder ses livres et sa case du vendredi soir, a été exilé par France 2 le dimanche à 16 h 15. Il en faut plus pour doucher le journaliste le plus dandy du PAF.

Ce lundi soir, dans les studios de France 2, à quelques minutes de son premier enregistrement, il savoure d’ailleurs le nom de sa nouvelle émission, « l’Objet du scandale ». Elle démarre aujourd’hui et « sera très accessible », promet-il.

L’idée ? Partir des objets de consommation pour raconter en quoi ils font scandale, titiller quelques experts pour faire monter la température et montrer comment l’art, le dada de Durand, s’est approprié tout ça. Bref, un « objet hybride, un peu non identifié, explique Patricia Boutinard-Rouelle, la patronne des magazines de la Deux. On ne veut pas créer le scandale pour le scandale, mais aller chercher des thèmes qui font débat dans la société et apporter un éclairage ».

Des repères dans l’histoire

Pas question de retrouver, façon Dechavanne, les pugilats télé des années 1980, « genre : faut-il flinguer les tourterelles ? ». L’idée, c’est plus de montrer à quels points les objets sont ambigus. « C’est frappant, souligne Guillaume Durand. Ils ont une âme, ils sont cultes, ils marquent des tribus, ils sont intergénérationnels… Les Ray Ban de Nicolas Sarkozy, ce sont les mêmes que celles de Peter Fonda dans Easy Rider et elles ne racontent pas la même chose. » Les objets scandaleux du jour sont posés sur des colonnes blanches : les téléphones portables.

Sur le plateau, très beau, décoré de reproductions de « l’Origine du monde » de Courbet et des « Demoiselles d’Avignon » de Picasso, les chroniqueurs sont déjà en place. Pierre Sterckx, expert en histoire de l’art, jure ne pas avoir le trac. « Non, ça, c’était hier ». Stéphane Blakowski, en veste et cravate, patiente. Il est chargé de livrer un petit topo historique et drôle. « En décodant les objets, j’apprends plein de trucs. »

Devant un parterre d’invités, dont Claude Allègre, Jacques Attali, Charles Berling, un ancien policier et un avocat, Jérôme Bonaldi, recruté pour sa science des objets, montre comment les portables peuvent être facilement piratés. Certains s’indignent, d’autres se prosternent devant le progrès technologique. Une mallette à 500 000 €, interdite en France, permet d’écouter huit conversations à la fois. « Et elle sert à quoi ? », glisse, gourmand, l’animateur. « Eventuellement, à mettre sur écoute de grands patrons ». En régie, Stéphane Simon s’offre un sourire carnassier : « Ce n’est pas un scandale, ça ? »

Le Parisien

 
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