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Canal +, 12 h 40 / « Dimanche + »

« La différence, c’est moi ! »

Propos recueillis par Renaud Saint-Cricq | 07.09.2008, 07h00
 

APRES les commentaires, les questions. Largement interviewée sur les motivations de son arrivée à Canal +, Anne-Sophie Lapix, l’ancien joker de Claire Chazal à TF 1, inverse enfin les rôles, aujourd’hui, en prenant les rênes de « Dimanche + », le grand rendez-vous politique de la chaîne cryptée (12 h 40). Désormais, c’est elle, la chaleureuse journaliste basque, qui interrogera.

Au menu du jour : François Hollande et Martin Hirsch. Forcément, elle sait qu’elle est attendue. Car l’ancienne titulaire du poste, Laurence Ferrari, elle-même ancienne joker sur la Une, s’est emparée cet été de la chaire de Patrick Poivre d’Arvor, le 20 Heures de TF 1.

Ça y est, vous devenez l’intervieweuse politique de Canal +. Comment vous sentez-vous ?

Anne-Sophie Lapix.
Ravie, impatiente. C’est une grosse pression mais interroger chaque week-end les acteurs majeurs de la vie politique, ça ne se refuse pas.

Qu’est-ce qui va changer par rapport à Laurence Ferrari ?

La nouvelle recrue. Moi !(Elle rit) Ça n’a l’air de rien, mais ça a des incidences. On est deux personnes différentes, le ton va être différent aussi. Ne me demandez pas quel ton, tout ce que je pourrais dire sera retenu contre moi… Je ne suis pas dans la comparaison, et Canal non plus.

L’absence de grandes échéances électorales vous inquiète-t-elle ?

L’actualité politique est riche, surtout depuis l’avènement de Nicolas Sarkozy. Il intervient beaucoup, il provoque beaucoup de réactions. En plus, les Français ont de l’intérêt pour la chose politique. On sera au plus près de leurs préoccupations. L’idée, c’est de faire une émission de décryptage.

Cette semaine, vous vous êtes préparée comment ?

J’ai tourné le pilote (NDLR : émission test) et j’y ai pris beaucoup de plaisir. Au moment où on a commencé à tourner, j’ai eu une sensation bizarre, avec une décharge d’adrénaline. Je me suis dit : « Dimanche, c’est en vrai. »

Qui était votre sparring-partner pour ce pilote ?

Julien Dray. Il a joué totalement le jeu. Je crois même que ça l’a amusé. J’étais assez tendue. Heureusement, il y avait des gens qui ne l’ont pas détecté, c’est bon signe. Moi, je vois encore des choses qui ne me plaisent pas forcément.

Les politiques vous font-ils désormais du pied ?

Non, et puis tout le monde viendra. Enfin si, il y en a, mais ce n’est pas forcément les plus connus ni ceux qu’on voudrait. Pour résumer, l’accueil est chaleureux mais sans tentative de lobbying.

Dans une télé lissée, quel est le défi de l’interview politique ?

Le pire ennemi du journaliste, c’est l’autocensure. Après, le but, ce n’est pas de briller soi-même en faisant sa petite remarque, sa petite blague, les politiques le font déjà très bien. On a face à nous des personnalités qui calibrent leur discours mais qui peuvent toujours faire des gaffes, aller plus loin que ce qu’elles voulaient. Je vais essayer de les y pousser.

Vous êtes attirée par le pouvoir ?

Non, il ne me fascine pas. Je n’ai aucun lien avec les politiques. Je me contenterai de les interviewer, c’est déjà pas mal.

On imagine que vous avez regardé le JT de Laurence Ferrari…

Bien sûr. C’était de bons journaux, peut-être très axés sur l’étranger. Comme des journaux de LCI, en mieux, avec cette idée de faire des duplex. C’est un choix. Après, je ne sais pas si TF 1 va le maintenir. Quant à Laurence Ferrari, elle sait présenter un journal.

Vous avez pris un coach pour vous aider ?

Ah non, c’est plutôt : « Aide-toi et le ciel t’aidera. » Je vais commencer par travailler. Avec « Dimanche + », j’ai l’impression de passer un cap.
J’avance.

Le Parisien

 
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