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L'Europe unie face à la crise

12.10.2008, 12h08 | Mise à jour : 23h56
 

Quelques heures seulement avant la réouverture des marchés, les chefs d'Etat et de gouvernement des pays de la zone euro* se sont mis d'accord dimanche soir sur un plan d'action face la crise financière mondiale. Les Quinze se sont retrouvés lors d'un sommet extraordinaire à 17 heures au palais de l'Elysée, une réunion d'urgence initiée par Nicolas Sarkozy.

 
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Au terme de plus de trois heures de discussions, le président français a annoncé le plan d'action européen pour éviter un nouveau plongeon des bourses ce lundi. Les Etats membres de l'Eurogroupe vont notamment garantir les crédits interbancaires pour une période temporaire, jusqu'au 31 décembre 2009, a indiqué Nicolas Sarkozy, président en exercice de l'Union européenne. Ces garanties d'Etat seront «payantes» pour les institutions bancaires, rémunérées selon les taux du marché.

Les Quinze se sont également engagés à empêcher leurs plus grosses banques de faire faillite, notamment en procédant à des opérations de recapitalisation.

«Nous avons adopté une boite à outils à la disposition des Etats membres», a pour sa part déclaré le président de l'Eurogroupe et Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker. «Nous n'avons pas le droit d'échouer et nous n'échouerons pas», a-t-il ajouté.


Le chiffrage des plans de chaque pays annoncé lundi

Aucun montant global n'a été annoncé pour ce plan d'action européen, mais l'Allemagne, la France, l'Italie «et d'autres» pays présenteront lundi après-midi de façon «simultanée» les détails de leurs programmes de sauvetage, selon Nicolas Sarkozy.

Ce dimanche, «ce devait être l'heure de l'Europe qui affiche son unité. Demain ce sera l'heure des Etats membres qui vont en tirer les conséquences», a-t-il assuré. Toutes les décisions seront «efficientes avant la fin de la semaine».

«L'Allemagne va soumettre demain (lundi) au processus de décision ses propres mesures», a déclaré de son côté la chancelière allemande Angela Merkel. «Nous allons le faire de façon simultanée avec la France, nous nous sommes mis d'accord, et d'autres pays aussi vont vite prendre des mesures», a-t-elle dit, mettant un point définitif

«Mettre du muscle sur le squelette»

Le sommet de ce dimanche soir est d'autant plus crucial que le communiqué adopté pendant le week-end à Washington par les ministres des Finances du G7 s'apparente davantage à une déclaration de principe qu'à un véritable plan d'action. Il s'agit de «mettre du muscle sur le squelette» que constitue la déclaration du G7, a dit Christine Lagarde.

C'est pourquoi, au-delà de ce plan d'action soumis mercredi et jeudi à Bruxelles aux chefs d'Etat et de gouvernement des 27 pays de l'UE, les Européens veulent convaincre les Etats-Unis d'une refondation du système financier. «Nous irons convaincre nos amis américains de la nécessite d'un sommet international pour refonder le système financier international», a indiqué le président français.

Le modèle britannique

Nationalisations partielles et garanties des prêts entre banques : les dirigeants des pays de la zone euro se sont paradoxalement inspirés du plan mis en place en Grande-Bretagne, le pays le plus réfractaire à la monnaie unique. «Ce qu'a fait la Grande-Bretagne fait beaucoup de sens et nous devons tenir compte de leur expérience», avait déclaré le chancelier autrichien, Alfred Gusenbauer, à son arrivée.

Le Premier ministre britannique, Gordon Brown, a été reçu à l'Elysée par Nicolas Sarkozy avant le début du sommet de l'eurogroupe. «Je vais à Paris pour persuader les autres pays européens d'adopter l'approche globale que nous avons prise en Grande-Bretagne», avait expliqué le dirigeant britannique.

Le plan mis en place par Londres prévoit une action résolue de la Banque d'Angleterre pour injecter des liquidités et une dotation de 50 milliards de livres (62,5 milliards d'euros) d'argent public pour entrer dans le capital des banques les plus faibles. Mais il prévoit surtout une enveloppe de 250 milliards de livres (315 milliards d'euros) pour garantir les échanges entre banques. C'est le coeur du problème. Par peur des faillites, les banques ne se prêtent plus entre elles et rechignent donc à faire crédit aux entreprises et aux ménages, menaçant l'ensemble du système économique et financier

Les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Eurogroupe étaient acculés à prendre des mesures décisives, avant la réouverture des marchés lundi matin. Les grandes Bourses viennent de connaître la pire semaine de leur histoire.

* Quinze pays sont membres de la zone euro : l'Allemagne, l'Autriche, la Belgique, l'Espagne, la Finlande, la France, la Grèce, l'Irlande, l'Italie, le Luxembourg, les Pays-Bas, le Portugal, la Slovénie, Chypre et Malte.

Leparisien.fr avec AFP

 
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