La croissance 2008 revue à la baisse. "Autour de 1%" au lieu de "1,7%", a annoncé la ministre de l'économie, Christine Lagarde, dimanche matin dans l'émission «Le grand jury RTL/Le Monde/LCI.
La ministre a expliqué qu'il serait "impossible d'atteindre 1,7%", vu les mauvais résultats du deuxième trimestre ( -0,3%) et un troisième qui, pense-t-elle, "ne sera pas bon".
Le Premier ministre François Fillon déclarait encore la semaine dernière qu'il espérait une croissance 2008 à «un peu plus de 1%».
Pour 2009, Christine Lagarde estime encore "prématuré" d'ajuster la prévision du gouvernement, reconnaissant toutefois que le ralentissement enregistré en 2008 freinerait «l'élan» de la croissance au début de l'an prochain. «On finira l'année 2009 beaucoup mieux qu'on ne la commencera», a-t-elle dit.
Dans une première réaction à ces déclarations, le parti socialiste a dénoncé la «cacophonie gouvernementale sur les prévisions de croissance». Faouzi Lamdaoui, secrétaire national à l'égalité, a demandé dans un communiqué à Christine Lagarde «de dire la vérité sur la récession et au gouvernement de prendre d'urgence un plan de relance de notre économique».
Interrogée sur l'impact de cette croissance en berne sur les déficits publics (Etat, sécurité sociale et collectivités locales), Mme Lagarde a répondu: «je peux vous dire catégoriquement qu'on ne sera pas aux 3% en 2008, c'est l'engagement qu'on prend vis-à-vis de nos partenaires européens».
Le déficit public de la France était de 2,7% du PIB en 2007 et le gouvernement s'est fixé comme objectif pour 2008 de le ramener à 2,5%, une tâche rendue d'autant plus difficile par les mauvaises conditions économiques qui se traduiront pour l'Etat par un «manque à gagner» sur les recettes fiscales.
Beaucoup d'experts, y compris l'OCDE ou la Commission européenne, estiment que la France flirtera à la fin de l'année avec la limite des 3% autorisée par le pacte de stabilité européen. Bruxelles a d'ailleurs adressé au printemps une «recommandation» à la France pour la mettre en garde à ce sujet.
Quant à l'engagement français de ramener les comptes publics à l'équilibre au plus tard à la fin 2012, Christine Lagarde s'est contentée de promettre que le gouvernement allait «faire tous nos efforts selon un certain nombre de paramètres», espérant «qu'on sera en mesure de tenir nos objectifs».
En cette période de difficultés économiques, la ministre a également affirmé que la Banque centrale européenne (BCE) devait «entendre les préoccupations de terrain» des Etats-membres.
«Ce qui est important, c'est qu'on restaure les conditions de la croissance et qu'on évite d'entrer dans une spirale inflationniste (...) On a besoin de comprendre quelles sont les analyses de la BCE», a dit Mme Lagarde.
La France reproche régulièrement à la BCE de n'avoir pas réagi à la hausse de l'euro pour favoriser la relance économique, alors que l'UE est en butte au ralentissement de sa croissance à cause de la crise financière internationale.
Leparisien.fr avec AFP









