PARTIE EN 2007 des Etats-Unis, la crise immobilière touche désormais la France. Baisse des ventes de logements neufs et des logements anciens en Ile-de-France, recul des mises en chantier, tassement de la distribution des crédits immobiliers, les mauvais chiffres s’accumulent. La rentrée s’annonce morose pour tous les acteurs du marché. Sauf pour les acheteurs puisque les prix s’effritent en province et en banlieue parisienne.
Les transactions chutent. En Ile-de-France, les ventes de logements anciens ont chuté de 14 % sur la période mars-mai 2008 par rapport à 2007, selon la chambre régionale des notaires. Selon les services de l’Equipement du ministère de l’Ecologie, les ventes de l’immobilier neuf ont reculé de 33,9 % en un an sur la même période. Cette baisse concerne 17 régions sur 22 et dépasse même les 50 % en Midi-Pyrénées, en région Centre, en Lorraine et en Bourgogne. Conséquence de ce fort ralentissement, le nombre de mises en chantier s’est lui aussi contracté de 11,8 % au cours de la période allant de mai à juillet et de 6,6 % au cours des douze derniers mois. « L’année 2007 a été exceptionnelle, il est donc logique de constater un ralentissement de l’activité en 2008 », tempère René Pallincourt, président de la Fédération nationale de l’immobilier.
Les prix devraient continuer à baisser. Sur la période mars-mai, les prix des appartements anciens ont baissé (de - 0,2 % à - 1,4 %) sur un an dans toute l’Ile-de-France région pourtant la plus riche du pays exception faite de Paris (+ 1,5 %). Pour la première fois depuis neuf ans, la hausse annuelle des prix franciliens est passée en mai sous la barre des 5 %. « Les prix de l’immobilier devraient reculer cette année de 4 %, puis de 4 à 6 % en 2009 », estime l’observatoire des Caisses d’épargne. Surtout si les taux de crédit continuent d’augmenter. Après une hausse des prix de 140 % dans l’immobilier ancien en dix ans, il ne s’agirait donc pas d’un effondrement mais d’une contraction et d’un assagissement du marché.
Aux Etats-Unis, les prix des logements ont enregistré une baisse record de près de 16 % en juin, tandis que les ventes de logements neufs ont progressé de 2,4 % en juillet par rapport au mois précédent. L’indice des prix dans les dix plus grandes villes du pays a encore plus reculé, chutant de 17 % sur un an. C’est là aussi une baisse record.
Le Parisien











