En annonçant jeudi que le Revenu de solidarité active (RSA) serait financé par une taxation des revenus du capital, Nicolas Sarkozy a déchaîné les passions et brouillé les lignes politiques.
Divisions à droite...
La taxation supplémentaire de 1,1% des revenus du capital n'est «pas acceptable», a tranché le député UMP Hervé Mariton.
Face aux critiques, le secrétaire d'Etat à l'Emploi Laurent Wauquiez a défendu dans le RSA «un outil de retour à l'emploi». Quant à Christian Estrosi, proche du chef de l'Etat et secrétaire général adjoint de l'UMP, il a jugé qu'«une fois de plus», M. Sarkozy dépasse les «vieux clivages idéologiques». «Malheureusement, le mode de financement proposé (...) est la seule solution possible», a avancé le patron des députés UMP, Jean-François Copé, souhaitant «une taxation très limitée». C'est «la moins mauvaise des solutions», lui a fait écho le sénateur centriste Jean Arthuis.
«Le compte est bon», s'est félicité le Parti radical (associé à l'UMP). Allié du parti majoritaire, le Nouveau centre s'est montré prudent sur le financement: «le débat est ouvert», selon le chef de file des députés NC, François Sauvadet.
«Les classes moyennes vont être ciblées», a assuré le président du MoDem François Bayrou, affirmant que l'arbitrage présidentiel «enlève toute logique à la politique du gouvernement».
... et embarras à gauche
Sur ce projet a priori plutôt proche de ses convictions, le PS a étalé ses divisions. Après le premier secrétaire François Hollande, qui dès mercredi avait jugé «légitime» l'approche de l'exécutif, le député Philippe Martin a considéré que «piquer l'argent aux riches pour financer une mesure sociale» était «une bonne chose».
Mais, pour le secrétaire national PS à l'égalité, Faouzi Lamdaoui, un RSA «sous-financé» est «un tour de passe-passe médiatique».
Moins sévère, Pascal Terrasse, secrétaire national à la Santé, a estimé que le financement retenu «peut se justifier», à condition notamment d'«exonérer» les plus modestes.
Pour le président du PRG, Jean-Michel Baylet, la décision du chef de l'Etat «va dans le bon sens» mais elle «ne permet pas aux départements de maîtriser» son financement.
Le PCF, quant à lui, a accusé Nicolas Sarkozy de «transformer les pauvres en travailleurs pauvres».
L'annonce a, plus classiquement, opposé patronat et syndicats
La présidente du Medef a critiqué «la méthode et les moyens» du gouvernement, et la CGPME a fustigé «un contresens». Tout en approuvant la mesure, la CFDT, la CFTC et FO ont demandé que les jeunes de moins de 25 ans n'en soient pas exclus ou qu'elle soit mise en oeuvre hors «bouclier fiscal», pour ne pas en dispenser les hauts revenus.
Leparisien.fr avec AFP









