«J'estime qu'il est normal, dans un effort de solidarité, que chacun contribue à sortir plus de 3 millions de nos compatriotes de la pauvreté ou de l'exclusion.» Nicolas Sarkozy a défendu jeudi en Mayenne sa décision de taxer les revenus du capital, à hauteur de 1,1 % supplémentaire, pour financer la généralisation du Revenu de solidarité active (RSA).
Le RSA, nouveau dispositif conçu par le Haut commissaire aux Solidarités actives Martin Hirsch, entrera en vigueur le 1er juillet 2009. Il doit remplacer le RMI et l'Allocation de parent isolé (API) en permettant à une personne qui reprend un travail de conserver une partie de son allocation ou aux travailleurs «pauvres» de percevoir un complément à leur salaire.
«L'Etat prendra ses responsabilités. Ce ne sont pas les déficits qui financeront la réforme (...) Je financerai ce nouveau RSA en créant une surtaxe d'1,1 point à la contribution de sociale de 2% sur les revenus du patrimoine et de placements», a expliqué le président de la République, lors d'un discours prononcé à Changé, dans la banlieue de Laval. «Que les choses soient très claires, ces revenus sont taxés aujourd'hui à 11%, je les taxerai à 12%.»
«S'il y a de l'argent pour le haut, il doit aussi y avoir de l'argent pour le bas»
«Dans un contexte où depuis plusieurs années les salaires progressent beaucoup moins vite que les revenus du capital, dans un contexte où l'on explique aux salariés de tant d'entreprises qu'il n'y a pas de quoi augmenter les salaires en bas et qu'au même moment, on augmente la distribution des actions et les dividendes en haut, il n'est quand même pas anormal que les revenus du capital soient mis à contribution pour revaloriser le travail des plus démunis et des plus exclus, estime le chef de l'Etat. S'il y a de l'argent pour le haut, il doit aussi y avoir de l'argent pour le bas, pour soutenir le revenu de ceux qui font l'effort de se lever chaque matin. J'assume», a poursuivi le chef de l'Etat.
«Je ne mettrai pas un centime pour financer l'assistanat»
Dans son discours, Nicolas Sarkozy s'est appliqué à rassurer ceux de ses amis qui s'élèvent contre son choix de recourir à l'impôt pour couvrir le surcoût de la réforme, évalué à 1,5 milliard d'euro par an. Il a souligné «l'effort considérable» accompli par l'Etat pour financer le surcoût du RSA par rapport aux dispositifs existants. Il s'agit «d'investir sur la part de nos compatriotes qui sont exclus. A l'arrivée, cet investissement sera aussi rentable que le milliard et demi investi dans la recherche et les nouvelles technologies».
«Je ne mettrai pas un centime pour financer l'assistanat. J'ai été élu sur une promesse : récompenser le travail (...) je veux changer cette situation scandaleuse dans notre pays qui veut que l'assistanat paie plus que le travail», a martelé le président de la République.
leparisien.fr










