C’EST LA DOUCHE froide pour Bruno Piriou. L’ex-tête de liste PC a subi hier une double déconvenue. Le tribunal administratif de Versailles (Yvelines) a confirmé l’élection de l’UMP Serge Dassault à Corbeil-Essonnes en rejetant son recours en annulation. Contrairement à Longjumeau (lire encadré), il n’y a donc pas eu de retournement de situation par rapport aux recommandations du commissaire du gouvernement.
« Surprenant que deux villes de droite voient leurs élections confirmées »
Mais il a d’ores et déjà annoncé qu’il ferait appel de cette décision auprès du Conseil d’Etat. Celui-ci étant suspensif, Bruno Piriou devrait siéger encore quelques mois au conseil municipal avant, le cas échéant, de laisser son fauteuil d’élu au PS Michel Fourgeaud.
Du côté de la mairie de Corbeil, où cette péripétie fait sourire, on boit du petit-lait. « C’est un peu l’arroseur arrosé », s’amusait hier Nathalie Boulay-Laurent, première adjointe MoDem de Serge Dassault. Quant au recours sur l’élection elle-même gagnée par Serge Dassault avec 170 voix d’écart Bruno Piriou ne s’avoue pas vaincu. Officiellement, il consultera ses « amis du second tour » avant de faire appel. Mais il n’y a pas beaucoup de suspense sur l’issue de sa réflexion.
Hier, l’opposant continuait à égrener arguments et « preuves ». « A Corbeil, on peut publier des tracts de dernière minute, avoir des listes électorales fausses, menacer une tête de liste et faire pression sur des candidats et des militants, utiliser le journal municipal pour vanter son bilan et les élections sont validées ! » s’insurge Bruno Piriou. Et l’opposant de noter qu’à Montgeron, « il a suffi d’un discours du maire » PS pour faire annuler les élections.
De là à dire qu’il y aurait deux poids deux mesures, il y a un pas… que franchit Bruno Piriou. « Je trouve regrettable et surprenant que deux villes de droite, dirigées l’une par une ministre (NDLR : l’UMP Nathalie Kosciusko-Morizet à Longjumeau), l’autre par un milliardaire proche de Nicolas Sarkozy voient leurs élections confirmées, alors qu’elles sont annulées dans un certain nombre de villes de gauche, comme Montgeron et Morangis. » Nathalie Boulay-Laurent relève, elle, un tout autre détail… « Des passages du mémoire de Bruno Pirou ont été supprimés car le tribunal administratif les a jugés diffamants et outrageants. C’est une décision très rare. »
Le Parisien











