SI LA SCIENCE permet parfois de petits miracles en matière de criminologie, elle a encore ses limites. Près de vingt-cinq ans après les faits, les enquêteurs de l’Office central de répression des violences aux personnes (OCRVP) espéraient confondre, grâce aux avancées de la technique, l’auteur de quatre meurtres sordides.
Leur arme : la génétique, et un mouchoir, retrouvé à proximité du corps de Pascale Lecam, une Bretonne de 21 ans qu’un promeneur avait découverte le 7 août 1983, gisant étranglée à proximité d’un étang de Bruyères-le-Châtel.
Michel Fourniret avait été suspecté
Concrètement, les chances s’amenuisent de retrouver un meurtrier soupçonné d’avoir frappé à quatre reprises. Outre celui de Pascale Lecam, trois autres corps avaient été retrouvés sur une même période de trois ans, tous dans un secteur d’une poignée de kilomètres au sud d’Etampes. A chaque fois : des femmes au profil étrangement similaire, blondes, plutôt menues. « Pour trois de ces filles au moins, nous sommes persuadés que le tueur est un seul et même homme », nous confiait en mars Gilles Leclair, nommé la semaine dernière patron de la sécurité en Corse, et qui dirigeait à l’époque la brigade criminelle de Versailles, en charge de ces enquêtes.
11 mars 1980 : un premier corps est découvert dans le château d’eau de Mondésir. Michèle Couturat, prostituée occasionnelle, a été pendue. Elle avait 17 ans, et a été aperçue quelques jours avant faisant du stop à la porte d’Orléans. Décembre 1980 : c’est cette fois Sylvie Le Helloco, dont le corps dénudé est retrouvé sous une bâche en plastique par un promeneur au niveau de la côte de Rougemont, à quelques encablures d’Etampes. 14 juillet 1982, c’est au tour de Christine Duvauchelle. Morte étranglée, cette concierge de 26 ans a quitté quelques jours avant son domicile pour ne plus jamais y retourner. Août 1983 : la découverte de Pascale Lecam sera la dernière de cette macabre série.
Un temps, Michel Fourniret, le célèbre tueur en série, qui habitait alors à la frontière des Yvelines et de l’Essonne, sera soupçonné. Sans que rien de probant ne puisse être établi contre lui. Pour autant, malgré cet échec de l’ADN, l’enquête ne sera pas refermée dans un avenir proche. « Nous continuons à travailler dessus, explique-t-on à l’OCRVP. Il n’y a plus de scellés à exploiter, mais la relecture de ces dossiers nous conduit à vérifier plusieurs éléments. »
Le Parisien










