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CONFLIT PARENTAL.

Inquiétude autour des soeurs disparues de Reims

Sophie, 11 ans, et Valérie, 13 ans, n’ont plus donné trace de vie depuis lundi matin, lorsqu’elles ont quitté le domicile paternel, en laissant une lettre dans laquelle elles indiquaient ne pas vouloir vivre avec leur mère en Italie, ainsi que l’ordonnait la justice.

Valérie Brioux (avec Jean-Baptiste Venditti à Rome) | 09.10.2008, 07h00
 

ELLES l’avaient dit à leur père et redit au juge, puis au psychiatre. Sophie, 11 ans, et Valérie, 13 ans, préféraient « mourir plutôt que de retourner » vivre au côté de leur mère en Italie comme en avait décidé la cour d’appel de Reims (Marne). Les deux soeurs l’ont répété encore dans une lettre laissée en évidence sur le bureau de leur chambre lundi matin, avant de quitter l’appartement familial de Reims.

Leur père pensait qu’elles avaient pris le chemin du collège tout proche. Les jeunes filles n’y sont jamais allées et n’ont, depuis, plus donné aucune nouvelle. Après avoir exploité, en vain, « toutes les pistes possibles », la procureur de la République de Reims, Madeleine Simoncello, a décidé hier l’ouverture d’une information judiciaire contre X pour « enlèvement », ouvrant ainsi la voie à des investigations plus poussées. Dans le même temps, le père de Sophie et Valérie a été longuement réentendu au commissariat de Reims, et l’ordinateur familial saisi.

« Nous préférons plutôt mourir que retourner en Italie. Pardonne-nous »

«La justice me reproche de les avoir enlevées à leur mère. Maintenant, la police me reproche de les avoir cachées, c’est complètement absurde, réagit Rénaldo d’une voix lasse. J’ai la conscience tranquille. Si les enfants ne veulent pas retourner chez leur mère, c’est parce qu’elles craignent d’être à nouveau martyrisées. J’ai peur qu’elles fassent une bêtise. » La disparition des deux adolescentes, nées en Italie, survient au lendemain d’un arrêt de la cour d’appel de Reims ordonnant leur retour en Italie au domicile de leur mère Katia qui en a la garde depuis la séparation du couple, début 2004. « Mon client n’a pas pu faire valoir son droit de visite pendant plus de deux ans, argumente son avocate, M e Labeau-Bettinger. Quand il a enfin pu voir ses filles, le jour de son anniversaire, le 17 juillet 2007, elles lui ont expliqué être maltraitées et même menacées de mort chez leur mère. Il les a alors ramenées en France avec lui pour les protéger. Elles étaient heureuses. »

Ces accusations sont « totalement fausses », selon M e Gianfranco Barbieri, le défenseur de Katia qui, courant 2007, a saisi la justice française pour demander le respect de la décision des juges italiens de lui octroyer la garde de ses filles, en application de la convention de La Haye. « S’ils en ont décidé ainsi, c’est parce qu’ils avaient l’assurance de la bonne éducation des enfants », insiste M e Barbieri. La cour d’appel a donné raison à la mère, sans attendre les résultats d’expertises psychiatriques ordonnées par le juge des affaires familiales saisi en France. Un empressement que condamne l’avocate des adolescentes, M e Bol-Richard. « Nous n’avons pas à rejuger l’affaire, dont tous les éléments avaient déjà été évoqués devant la justice italienne, se défend la procureur de la République de Reims. C’est précisément l’objet de la convention de La Haye que de faire respecter les décisions de justice du pays de résidence des enfants. »

Les enquêteurs n’excluent pas l’hypothèse d’une « complicité d’adultes ». Sophie et Valérie ont disparu à la veille de l’arrivée de leur mère en France pour les récupérer. « Elles étaient bouleversées, raconte Rénaldo. Pour elles, c’était clair, elles ne voulaient pas repartir. » Une détermination qui ressort de la lettre décorée de coeurs enlacés laissée à leur père : « Nous savons que tu as tout fait pour nous protéger. Nous n’avons pas confiance en la loi française qui ne nous a pas aidées.
Nous préférons plutôt mourir que retourner en Italie. Pardonne-nous. »

Le Parisien

 
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