AUJOURD’HUI débute devant le tribunal de police de Genève (Suisse) le procès de Maria-Antonietta Bertolini, 37 ans, dite « Maïté », une escort girl de haut vol. Elle est accusée, selon l’ordonnance de renvoi du parquet général de Genève que nous nous sommes procurée, d’« extorsion de fonds » et « chantage », aux dépens du producteur Thomas Langmann, le fils du cinéaste Claude Berri.
Tout commence le 11 décembre 2006, lorsque Thomas Langmann dépose plainte à Genève pour l’usage frauduleux de la carte de crédit de sa société par la jeune femme. Un différend financier entre Maïté et Thomas Langmann sur le règlement des prestations offertes par les escort girls est à l’origine de l’affaire. Maïté, officiellement mannequin, a voulu, dit-elle, « réclamer son dû », car elle percevait à l’époque la moitié des gains payés pour chaque prestation fournie par ses filles sur le tournage et en voulait toujours plus. « Elle réclamait à Thomas Langmann des arriérés pour prestations sexuelles que ce dernier contestait », constate le parquet.
« Une mère maquerelle cynique »
Mais Maïté, décrite par le parquet général de Genève comme « une mère maquerelle cynique », a également fait chanter le producteur. Elle a aussi « envoyé des SMS à Thomas Langmann en le menaçant de divulguer ses relations avec des prostituées », indique le réquisitoire. Mieux, Maïté fait appel à un avocat véreux pour extorquer à Langmann 50 000 €, le prix du silence. Le producteur avait accepté de payer 10 000 € à l’escort girl. Mais entre-temps, Maïté a été arrêtée en novembre 2006 par la police de Genève pour avoir soumis un financier au même chantage. Incarcérée quelques mois, elle a été remise en liberté et a vendu ses services à une société de négoce en métaux.
Ligne féline, élancée, svelte, surnommée la Panthère noire, Maria-Antonietta est arrivée en Suisse en 1994 avec un passeport guinéen et devient strip-teaseuse dans les cabarets de la capitale calviniste. Son charme lui permet d’épouser un riche financier dont elle divorce après la naissance de leur fils autiste. Et de reprendre ses activités d’escort. C’est ainsi qu’elle devient l’amie des stars. Thomas Langmann a assuré devant la juge d’instruction suisse que la venue des filles était pour son seul usage. Vendredi dernier, le producteur a renoncé à être partie civile et s’est désisté de sa plainte.
Le Parisien











