EXCLUSIF. Deux heures après sa libération, Marc Machin a accepté de rencontrer, en exclusivité, nos reporters et de confier ses premières impressions sur sa nouvelle vie.
Il est 9 h 40 ce matin quand Marc Machin sort enfin de la maison d'arrêt de Rouen, après presque sept ans passés derrière les barreaux pour un crime vraisemblablement commis par un autre.
Au pied du mur d'enceinte de la maison d'arrêt de Rouen (Seine-Maritime), il lève les yeux vers le ciel et sourit largement avant d'exprimer son soulagement. «Je suis content. Je n'ai jamais perdu espoir et je me sens un peu plus serein aujourd'hui.» Avant même d'entamer le combat pour sa réhabilitation, il s'est confié au Parisien.fr deux heures plus tard autour d'un café et en compagnie de ses proches : «Je veux m'insérer dans la société, passer mon permis de conduire et suivre une formation pour travailler avec les chevaux. Et profiter de ma famille. J'ai 26 ans et ma vie à construire.» Malgré ces années d'incarcération, Marc Machin ne manifeste pas de haine. «Je ne parle pas beaucoup. Je préfère démontrer que je peux être quelqu'un de bien.» Après les deux procès qui l'ont condamné à dix-huit ans de réclusion criminelle, Marc Machin reconnaît avoir traversé des moments de «grande détresse». Sa foi en Dieu et son secret espoir que la vérité éclate un jour l'ont fait tenir toutes ces années. Une nouvelle page de sa vie s'ouvre aujourd'hui. «Ca fait du bien de boire un vrai café et j'espère que cette nuit, je ne ferai pas de cauchemars. Ce qui est sûr, c'est que je n'entendrais plus le bruit des clés dans les serrures.»
Agé de 26 ans, Marc Machin avait été condamné pour le meurtre de Marie-Agnès Bedot, tuée sous le pont de Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine) le 1er décembre 2001.
Condamné deux fois depuis 2001 après des aveux passés en garde à vue, il a ensuite toujours clamé son innocence. et fait appel des décisions du justice à son encontre. Il y a six mois, un nouveau suspect s'est présenté aux policiers dans l'affaire du meurtre du Pont de Neuilly en s'accusant du meurtre du Pont de Neuilly. Mis en examen, cet homme David Sagno - a été placé en détention provisoire après avoir livré de nombreux détails précis sur le crime.
La libération aujourd'hui de Marc Machin ne le blanchit pas pour autant. Sa peine est en effet simplement suspendue par la commission de révision des condamnations pénales. C'est la raison pour laquelle Marc Machin réclame désormais sa réhabilitation. D'abord prévue en juillet dernier, sa libération a été repoussée de plusieurs mois après une altercation avec un gardien de prison le 26 juin dernier.
leparisien.fr











