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Polémique Chérèque-Sarkozy autour de l’affaire de l’UIMM

François Vignolle | 28.08.2008, 07h00
 

Le livre n’est pas encore sorti, mais il suscite déjà une vive polémique. Dans un ouvrage intitulé « Si on me cherche » (Albin Michel) à paraître ces prochains jours, François Chérèque, secrétaire général de la CFDT, affirme que le président de la République, Nicolas Sarkozy, a envisagé une loi d’amnistie pour les bénéficiaires des financements occultes de l’UIMM, le patronat de la métallurgie.



La scène se serait passée le 26 octobre dernier, un mois après la révélation d’importants retraits d’argent liquide des caisses de l’UIMM entre 2000 et 2007. Dans son livre, François Chérèque relate sa rencontre ce jour-là avec Nicolas Sarkozy et son conseiller social, Raymond Soubie, grand connaisseur du monde syndical et patronal. La conversation est plutôt enjouée. Le président pratique le tutoiement avec son invité.

« Il n’y a jamais eu le moindre projet d’amnistie »


Selon Chérèque, le président de la République lui annonce un possible règlement de l’affaire de l’UIMM. « Il me dit : Bien entendu, il faudra en passer par une loi d’amnistie, comme ça a été le cas pour les hommes politiques avant la loi sur le financement public des partis », écrit Chérèque, qui se dit sidéré par ces propos. Ce dernier comprend que le président de la République cherche son approbation et lui « tend la perche au cas où la CFDT aurait pu déraper ». Le responsable syndical « imagine aussi » que Nicolas Sarkozy « ne doit pas être sans savoir que cette caisse de l’UIMM a servi à rémunérer des hommes politiques pour bons et loyaux services ».

Toujours selon Chérèque, Raymond Soubie, lui, laisse entendre qu’un militant de la CFDT pourrait être impliqué dans cette affaire de l’UIMM. Le secrétaire général de la CFDT, « choqué », raconte avoir « estomaqué » ses deux interlocuteurs en répondant, que pour lui, une amnistie était « évidemment impensable » et que même « si, par malheur, il y avait eu des dérives individuelles, la justice passerait ».

Contacté hier, Raymond Soubie a démenti vigoureusement les allégations « fallacieuses » de François Chérèque. « Il n’y a jamais eu le moindre projet d’amnistie. Cela n’a jamais existé. Je n’ai jamais évoqué un militant de la CFDT lié à l’affaire de l’UIMM », indique-t-il. Le conseiller social de Nicolas Sarkozy explique qu’il n’existe pas à sa connaissance « d’éléments prouvant un financement des syndicats par le biais de l’UIMM ».

Pourquoi le leader de la CFDT a-t-il raconté tout cela ? « Demandez lui ! » conclut Raymond Soubie. L’entourage de François Chérèque a fait savoir que celui-ci s’expliquerait lors de la parution de son livre début septembre mais qu’il ne changerait « pas une virgule » à ce qu’il avait écrit. De son côté, l’Elysée n’a pas souhaité faire de commentaire.

Dans le dossier de l’UIMM, neuf personnes ont été mises en examen. En juillet dernier, Jacques Gagliardi, ancien responsable de cette organisation patronale, a affirmé devant le juge d’instruction chargé de l’enquête que l’UIMM a financé l’ancêtre du Medef (CNPF), les syndicats, ainsi que l’ensemble des partis politiques hormis le Parti communiste. Comme tous les responsables de l’UIMM qui l’avaient précédé dans le bureau du juge, Jacques Gagliardi n’a pas souhaité donner de noms.

Le Parisien

 
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