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BOULOGNE.

Prud’hommes : les cadres se rebiffent

Une étude récente montre que de plus en plus de cadres font appel aux prud’hommes. Le conseil de Boulogne est particulièrement touché par cette évolution.

Jérôme Bernatas | 03.12.2008, 07h00
 

LES CADRES ne se laissent pas faire. Alors que les élections prud’homales se tiennent aujourd’hui partout en France, une étude réalisée récemment par le syndicat Force ouvrière-Cadres et l’Ires (Institut de recherches économiques et sociales) souligne que les dossiers traités à Boulogne ont progressé de 27,9 % entre 2002 et 2007 pour la section encadrement.

On en dénombre 501 en 2007 contre 361 cinq ans plus tôt. Et le conseil de Boulogne bat même des records. Les cas qui concernent cette catégorie professionnelle représentent ici jusqu’à 40 % du total des affaires jugées. « Depuis la fermeture des usines Renault, nous avons une forte proportion de cadres dans le département, confirme Béatrice Gillard, vice-présidente du conseil des prud’hommes de Boulogne. Il n’y a qu’à constater la présence importante de sièges sociaux à La Défense et de groupes de presse et audiovisuels à Boulogne et Issy-les-Moulineaux. »

Un délai de quinze mois


Rançon du succès : les délais s’allongent. Quinze mois se révèlent nécessaires pour obtenir un jugement. Une attente qui fait bondir Jean, ancien attaché commercial dans une entreprise du bâtiment. Il se bat pour toucher les salaires que ne lui a pas versés son ancien patron, placé, depuis, sous l’autorité d’un liquidateur. « J’ai lancé la procédure il y a un an, peste-t-il. On m’a convoqué en octobre. Je dois revenir en décembre. Je ne sais toujours pas quand tombera le verdict ! » Pourtant, l’attente a sensiblement diminué ces dernières années, selon Béatrice Gillard : « Il y a six ans, il fallait patienter vingt-quatre mois. » La faute grave constitue le motif de renvoi le plus répandu et semble traduire un durcissement des relations entre employeurs et subordonnés. « Avec cette qualification, le plaignant ne touche pas d’indemnités de licenciement, ses congés payés, son préavis… », détaille Alain Beaunier, président de la section commerce. Certaines sociétés n’hésitent d’ailleurs pas à faire appel de la décision, favorable à 70 % au salarié. « L’argent reste ainsi bloqué pendant près de deux ans et le salarié doit souvent engager des frais supplémentaires, pour prendre un avocat par exemple », explique Alain Beaunier. La crise économique n’a pas encore affecté l’activité des conseillers prud’homaux boulonnais. Mais cela ne saurait tarder. « Il faut attendre janvier ou février pour qu’on en ressente les premiers effets », évalue Béatrice Gillard.

Le Parisien

 
 
 

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