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Festival de cannes 2008

Nuits cannoises

Fiesta de cinéphiles à la villa Rothschild
Renaud Baronian

mardi 20 mai 2008 | Le Parisien

(SIGNATURES/XAVIER LAMBOURS.)

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Cannes

ÇA COMMENCE plutôt mal. Dans une des « navettes » - des bus géants façon transport de supporteurs - qui acheminent les festivaliers entre le Noga Hilton et la villa Rothschild, où se tient la fête des 40 ans de la Quinzaine des réalisateurs, trois Japonaises refusent catégoriquement d'être séparées de la quatrième de leur groupe. Elles font un esclandre : on stoppe le bus, beaucoup en descendent, dont les trois Nippones qui retrouvent leur copine et embarquent dans le bus suivant...



« Ça caille, le froid, c'est moyen glamour... »

Cette fois, on peut y aller. « Tout ça pour ça », se dit-on rapidement, car le trajet dure cinq minutes à peine. Voilà la villa : des « oooh » et des « aaaah » fusent à la sortie de l'autocar, tant les festivaliers sont ébahis par ce site qui sert d'ordinaire de médiathèque à la ville. La fiesta se déroule dans l'immense jardin vallonné attenant, un véritable parc, bordé pour l'occasion de tentes faisant office de bars et de pistes de danse. Il y a des invités partout, des filles allongées sur des coussins au milieu de la pelouse, des groupes réunis sous les palmiers.

Chose finalement rare à Cannes, c'est une fête 100 % cinéma. On commente les films en compétition, on évoque les projets en cours : ici, pas de place pour les ragots people. On croise Emma de Caunes ou Cédric Klapisch un verre à la main puis, quelques encablures de gazon plus loin, les frères Dardenne. Léa Drucker passe par là, suivie de près par un étranger égaré, l'Américain Nick Nolte, sous les yeux de Melvil Poupaud, perché sur une petite colline de verdure.

Au moment où Christine Albanel et Véronique Cayla, la directrice du CNC (Centre national de la cinématographie), font une entrée remarquée, le barman annonce qu'il n'y a plus de champagne. Il est 1 h 30 du matin et le naturel cannois revient au galop : les fêtards commencent à râler. « C'est trop grand, j'ai perdu ma femme ! » peste un producteur. Une jolie blonde de 1,80 m, jambes nues, se blottit dans son microblouson : « Ça caille trop, cette année, le froid, c'est moyen glamour... » Glamour ? On n'était pas là pour le cinéma d'auteur ?

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