mercredi 14 mai 2008, 18h11 | AFP

(Jacques Demarthon - AFP/Archives) ZOOM
Patron atypique et médiatique, le charismatique PDG de Virgin Mobile France, Geoffroy Roux de Bézieux, bientôt 46 ans, a été élu mercredi à la présidence de l'assurance chômage (Unedic) bien que novice en matière sociale.
Le candidat du Medef dirige depuis 2005 une petite association patronale, CroissancePlus, qui fédère plus de 300 chefs d'entreprises en forte croissance dans des secteurs tels que l'informatique, l'internet, les télécoms ou le capital-risque.
M.
Roux de Bézieux s'est fait connaître en parcourant les plateaux TV, où il revendique sa vocation "d'entrepreneur récidiviste" et de patron de terrain.
"Bien sûr qu'il y a un petit trip mégalo derrière tout ce déballage médiatique", avait-il reconnu dans un entretien au Point, "mais je ne le ferais pas si je n'avais pas l'impression que cela sert à quelque chose".
Parmi ses combats : redorer l'image des patrons, alléger la fiscalité des PME, renforcer la flexibilité du travail ou inciter les entreprises à faire profiter plus largement leurs salariés de stocks-options.
M. Roux de Bézieux n'est relié que par un "un vague fil" au Medef, affirme une source patronale, selon laquelle sa candidature à l'Unedic a été "imposée" par la présidente du Medef, Laurence Parisot.
Allure décontractée, physique avenant, ne se déplaçant qu'en scooter, ultra-dynamique, M. Roux de Bézieux a su se faire apprécier de Mme Parisot, soucieuse de cultiver une nouvelle image du patronat.
Par son franc-parler, il tranche avec le style de certains grands dirigeants et a d'ailleurs publié un pamphlet sur le sujet en 2007, intitulé "Salauds de patrons", dans lequel il tente comprendre pourquoi les Français n'aiment pas les chefs d'entreprises.
Né le 31 mai 1962 à Paris 15ème, il est diplômé de l'Ecole supérieure des sciences économiques et commerciales (Essec) et titulaire d'un DESS de marketing international. Il s'engage ensuite pendant deux ans, de 1984 à 1986, dans les forces spéciales (commandos marines).
Après une première expérience marketing chez le leader mondial des cosmétiques L'Oréal, pour lequel il a travaillé en Grande-Bretagne et dont il a monté la filiale polonaise, ce fils de banquier lance en 1996 The Phone House, une chaîne de magasins spécialisés dans la vente de téléphones portables.
Il cède en 2000 l'affaire aux anglais de The Carphone Warehouse et investit dans Virgin Mobile aux côtés du milliardaire Richard Branson. Il devient le patron pour la France en 2006.
Selon un syndicaliste de The Phone House, "Geoffroy a un côté humain qui est très bien, mais c'est avant tout un businessman. La dimension sociale n'a jamais été son fort, il fait le minimum légal et délègue aux DRH".
CPE, parachutes dorés, ISF : ce libéral, catholique revendiqué, marié et père de quatre enfants, amateur de rugby, répond sur tous les sujets d'actualité et n'hésite pas à dire qu'il gagne 300.000 euros par an.
Du paritarisme et de la négociation sociale en revanche, il n'a que peu d'expérience. En septembre 2007, il est nommé co-président du comité des stages et de la professionnalisation des cursus universitaires. Mais Matignon ne suit pas ses recommandations et il se dit "déçu".
Membre du conseil de surveillance de PSA Peugeot-Citroën, il a aussi participé à la Commission Attali.
Sports | Le Parisien | 14-05-2008