mercredi 09 avril 2008, 12h35 | AFP
Le gouvernement a proposé une hausse de 5,5% des tarifs du gaz pour les ménages, qui pourrait être effective fin avril, au risque d'alourdir encore leur facture, qui augmenterait de près de 10% en quelques mois, après une précédente majoration en janvier.
Cette hausse des prix du gaz réglementés, c'est-à-dire fixés par l'Etat, risque aussi d'attiser les craintes d'une réduction du pouvoir d'achat, déjà amputé par la hausse des prix des produits agricoles.
Onze millions de Français qui se chauffent au gaz ou utilisent du gaz pour la cuisson par exemple sont concernés par cette mesure.
Quelques semaines après les municipales, les ministères de l'Economie et de l'Energie ont proposé mardi soir une revalorisation des tarifs réglementés «limitée à (...) 5,5% en moyenne pour les particuliers», ce qui représenterait pour chaque foyer une hausse d'environ 4 euros TTC par mois.
Le gouvernement a soumis un projet d'arrêté en ce sens à la Commission de régulation de l'énergie (CRE), qui doit rendre un avis, purement consultatif, pour que la mesure devienne effective. La CRE a indiqué mercredi qu'elle allait se réunir «dans les prochains jours».
Une majoration pourrait intervenir «avant la fin du mois», selon Bercy.
Le 1er janvier, ces tarifs avaient augmenté de 4%, ce qui avait déjà représenté une majoration de la facture de gaz de près de 3 euros par mois.
Il s'agit de compenser «la hausse du coût d'importation du gaz naturel», explique le gouvernement. Gaz de France importe en effet l'essentiel de son gaz par des contrats de long terme, dont les prix sont indexés sur ceux du pétrole, en pleine flambée. Son gaz vient d'abord de Norvège, de Russie et des Pays-Bas.
Une hausse de 5,5% «permettrait de couvrir nos coûts d'approvisionnement», a affirmé mercredi une porte-parole du groupe public.
Mercredi matin, les cours du pétrole brut étaient à la hausse, à 108,79 dollars pour celui de New-York, et à 106,84 dollars pour le Brent de la mer du Nord, la référence en Europe.
Cette hausse des tarifs n'est pas de nature à calmer les inquiétudes sur le pouvoir d'achat, alors que les inégalités des ménages français face au poids des dépenses d'énergie dans leur budget ont «beaucoup augmenté» depuis cinq ans, selon l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe).
La part des dépenses d'énergie dans le revenu des ménages les plus pauvres est passée de 10 à 15% entre 2001 et 2006, note l'Ademe.
La hausse des prix des hydrocarbures et des matières premières agricoles sont le principal facteur d'inflation en France, comme dans d'autres pays dans le monde.
Gaz de France avait demandé au gouvernement d'augmenter ces tarifs le 1er avril. Mais il n'a pas voulu dire mercredi si sa demande était supérieure à 5,5% et a répété qu'il avait demandé une augmentation «inférieure à deux chiffres».
Ces hausses successives pourraient permettre toutefois à Gaz de France, seule entreprise à appliquer ces tarifs fixés par l'Etat, de limiter son manque-à-gagner dû au gel de ces prix de mai 2006 à fin 2007.
GDF avait évalué en février son retard tarifaire à 925 millions d'euros depuis 2004.
Le gouvernement a en outre promis de mettre en place «un cadre pérenne d'évolution» des tarifs du gaz, dans le cadre du contrat de service public 2008-2010 entre l'Etat et Gaz de France, actuellement en discussion et qui doit être finalisé avant la fusion entre GDF et Suez prévue d'ici fin juin.
Le dernier contrat, qui n'a pas été respecté, stipulait que ces tarifs devaient être révisés chaque trimestre.
Afp | 09.04.08 à 09h40





leparisien.fr | 07.04.08 à 08h53
Faits divers | Le Parisien | 09-04-2008