mardi 19 février 2008 | Le Parisien

(« SUD OUEST »/STEPHANE LARTIGUE.)ZOOM
Piquets de grève chez Ford près de Bordeaux, arrêts de travail chez L'Oréal, vive tension dans l'usine Miko de Saint-Dizier (Haute-Marne), action éclair chez Prisma Presse... Pour des raisons différentes, les conflits se multiplient.
LA GROGNE SOCIALE monte d'un cran. D'un côté, des actions de salariés de l'industrie menacés par la fermeture annoncée de leurs usines ; de l'autre, des employés qui réclament des augmentations de salaires dans des groupes rentables. Avec, en toile de fond, le débat sur le pouvoir d'achat qui ne quitte plus le devant de la scène.
La crainte diffuse qui semble gagner du terrain, tous secteurs confondus,
prend différentes formes. D'abord celle de la désindustrialisation. Dans la construction automobile,
les menaces de fermetures d'usines se multiplient. Le rythme a certes ralenti en 2007, avec
49 000 emplois supprimés dans l'industrie contre 65 000 en 2006, mais la situation reste bien
sombre. Une inquiétude évoquée par Xavier Bertrand, le ministre du Travail, qui a estimé hier
qu'une France sans industrie « serait conduite à sa perte ».
Le fait que les entreprises du
secteur privé soient à la pointe des mouvements sociaux est d'ailleurs un signe supplémentaire.
Ce sont en priorité les salariés des grandes entreprises qui donnent de la voix. Logique, L'Oréal
et Michelin ont affiché des bénéfices en très forte hausse récemment ou Prisma Presse, groupe
de presse magazine réputé florissant. Ce mécontentement se fait sentir avec d'autant plus de
force que les élections municipales approchent...
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