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Le RSA oui, mais pas à n'importe quel prix Bénédicte Alaniou et Didier Micoine

mercredi 09 avril 2008 | Le Parisien

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En déplacement hier à Cahors, le président de la République a insisté sur la nécessité de maîtriser les dépenses sociales. En ligne de mire, le revenu de solidarité active. Un pavé dans la mare de M. Hirsch, qui a de nouveau rejeté un « RSA au rabais ».

DANS LA BOUCHE de Nicolas Sarkozy, l'avertissement est clair : « Les politiques sociales ne peuvent continuer ainsi à alimenter le déficit et la dette. » Quatre jours après avoir annoncé son plan d'économies des dépenses publiques, le président de la République a une nouvelle fois justifié ses choix hier à Cahors, insistant sur la réforme de l'administration territoriale de l'Etat. Si le terme rigueur est toujours proscrit dans un contexte d'économies tous azimuts, le ton s'est durci sur la maîtrise des dépenses sociales.



« En fonction de nos disponibilités financières »

Dans ce contexte, le revenu de solidarité active (RSA), conçu par Martin Hirsch, aura sans doute du mal à être généralisé. « L'idée du RSA est extrêmement intéressante, assure néanmoins Sarkozy. Il faut le calibrer en fonction de nos disponibilités financières. » Une clarification à l'endroit du haut-commissaire aux Solidarités actives qui, dans une interview parue hier dans le magazine « le Pèlerin », a tenu à réaffirmer son opposition à un « RSA au rabais ». L'ancien président d'Emmaüs France, entré au gouvernement pour mettre en oeuvre cette réforme, risque très vite de se trouver en porte-à-faux. Pour le moment, le RSA inclus dans la loi Tepa (travail, emploi, pouvoir d'achat) votée en août dernier est à l'essai dans trente-quatre départements. Son objectif : inciter les bénéficiaires de RMI à reprendre un travail (voir ci-contre). Une consultation avec tous les acteurs concernés doit faire l'objet d'une synthèse à la mi-mai.

Autre clarification faite hier par le président de la République : le contrôle des chômeurs. Répondant aux journalistes à l'issue de son discours, Sarkozy assume : « La protection sociale est indispensable dans notre pays, mais si le poids des prélèvements obligatoires est tel que les emplois se délocalisent, cela crée des chômeurs en plus et cela fait exploser les dépenses sociales. La réponse à cela, c'est le plein-emploi, c'est ce qu'on essaie de faire. » Et d'ajouter : « Sur les dépenses sociales, le gouvernement travaille sur un texte qui permettra de tirer les conclusions de deux refus consécutifs d'une offre d'emploi raisonnable » (voir encadré ci-dessous) . Un engagement de campagne du candidat Sarkozy qui devrait être formalisé « dans les prochains jours », assure le chef de l'Etat.

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