lundi 21 avril 2008, 16h18 | AFP

(Denis Charlet - AFP/Archives) ZOOM
La décision de filialiser à 100% dans un premier temps trois sites allemands Airbus au lieu de les vendre hérissent les salariés français, qui réclament le même traitement, illustrant une fois encore la difficulté de préserver l'équilibre franco-allemand au sein de l'avionneur.
"Nous nous réjouissons pour nos collègues allemands et nous exigeons le même traitement, car Méaulte et Saint-Nazaire ville valent bien Nordenham et Varel (...) On se moque des salariés français et on brade la part de l'industrie française!", s'est indigné le syndicat majoritaire d'Airbus France Force ouvrière (FO), dans un communiqué diffusé lundi.
Pour la CFE-CGC, "les salariés français sont très agacés, remontés", a estimé l'une de ses représentantes Françoise Vallin.
Airbus a confirmé dimanche la création d'une holding, baptisée German Aerostructures Company (GAC), chapeautant les usines allemandes de Varel (nord), Nordenham (nord) et Augsbourg (sud) et détenue à 100% par EADS, maison mère de l'avionneur.
Ces sites spécialisés dans l'aérostructure --ce qui correspond peu ou prou à la carcasse de l'avion-- étaient auparavant promis à une petite PME d'Outre-Rhin, MT Aerospace. Mais les négociations avaient été rompues le 27 mars.
Depuis, aucun investisseur n'a été trouvé. Airbus précise que la création de GAC "constitue une étape dans l'objectif final d'Airbus qui est de se désengager des ses sites situés en Allemagne, en France et en Angleterre".
"C'est pratiquement à une nationalisation de l'industrie d'aérostructure allemande, que nous assistons", s'est emporté le délégué syndical de FO Jean-François Knepper. "La décision sur les sites allemands a été prise uniquement au niveau de l'entreprise", a rétorqué une porte-parole du ministère allemand de l'Economie.
Pour M. Knepper en tout cas, "les engagements du président (d'EADS Louis) Gallois, sur l'équité de traitement des différentes entités nationales, ne sont pas respectés". Plusieurs syndicats ont dit vouloir rencontrer M. Gallois.
Le français Latécoère est en discussion avec Airbus pour la reprise partielle des sites de Méaulte (Somme, spécialisé dans les nez d'avions) et Saint-Nazaire ville (Loire-Atlantique, fuselage), et le britannique GKN pour celui de Filton (sud, ailes).
"La décision sur la cession des sites sera annoncée dans les deux à trois prochaines semaines", avait déclaré il y a une semaine à l'AFP un porte-parole de l'avionneur européen Airbus. Lundi, chez Airbus, on n'avait rien à ajouter.
"On a des discussions qui continuent et qui avancent bien", a déclaré Jean-Jacques Pigneres, membre du directoire de Latécoère, qui n'a pas donné de précision sur le calendrier. Les bases de la négociation sont que Airbus conserve 40% des sites et Latécoère en ait 60%, a-t-il rappelé.
Un comité central extraordinaire d'Airbus sur les sites, réunissant syndicat et direction, est prévu le 29 avril.
Pour toute cession partielle ou totale de site Airbus, le conseil d'administration de EADS doit donner son aval. Selon des sources concordantes, une réunion des actionnaires de EADS est de toute façon prévue fin mai.
La cession des sites s'inscrit dans le plan de restructuration et d'économies d'Airbus Power8, annoncé en février 2007 face aux retards de livraison de l'avion géant A380 et au coût du futur long-courrier A350 XWB, dont la mise en service est prévue pour 2013.
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