vendredi 18 avril 2008, 17h03 | AFP

(Michel Gangne - AFP) ZOOM
L'opposition à la réforme des ports autonomes s'est amplifiée vendredi, la grève touchant Rouen, Le Havre et Marseille où le syndicat CGT a brandi la menace d'un conflit «très dur».
Le projet de loi sur cette réforme qui prévoit le passage de la totalité des activités de manutention portuaire sous le contrôle d'opérateurs privés, doit être présenté en Conseil des ministres d'ici la fin avril.
La section CGT du Port autonome de Marseille (PAM), le premier du pays, a lancé une grève reconductible quotidiennement des grutiers et portiqueurs qui dépendent de l'autorité portuaire.
Cette action se double de celle des dockers (manutention privée) qui ont décidé de cesser le travail trois nuits par semaine.
«Nous sommes prêts à entrer dans un conflit très dur», a déclaré Pascal Galeoté, secrétaire général de la CGT du PAM, au cours d'une conférence de presse. «L'attitude du gouvernement qui a laissé croire qu'il y avait une place pour la négociation, a exacerbé les tensions».
«Le gouvernement est pressé mais son projet ne va pas passer aussi facilement que ce qu'il croit», a ajouté le responsable syndical, annonçant une progression des actions de contestation.
Les activités de manutention sur les terminaux pétroliers, minéraliers et à conteneurs sont perturbées depuis jeudi à Marseille. «Trente-trois navires sont touchés par ces arrêts de travail dont 25 pour le secteur pétrole», a précisé la direction du PAM. En revanche le trafic passager reste assuré.
A l'instar d'autres organisations patronales dans le pays, l'Union maritime et fluviale qui regroupe plus de 300 entreprises du port de Marseille, a protesté dès jeudi contre les arrêts de travail.
Les grutiers des ports du Havre et de Rouen se sont eux mis en grève pour 24 heures vendredi, paralysant le déchargement des conteneurs.
Au Havre, quelque 350 manifestants, selon la police, ont fait brûler des pneus devant le siège social du port autonome et bloqué la circulation en début de matinée. «Les ports et leurs salaires ne sont pas à vendre», proclamait une pancarte devant le bâtiment.
A Rouen, la centaine de grutiers et membres du personnel de maintenance du port ont également cessé leur activité vendredi à 07H00, entraînant le blocage du déchargement de quatre navires, selon la direction du port.
Jeudi, ce sont les ports de Nantes/Saint-Nazaire, Dunkerque et Bordeaux qui avaient été touchés par une grève de 24 heures des grutiers qui dépendent encore tous des ports autonomes à la différence des dockers opérant au sol.
La CGT s'oppose à leur intégration dans des entreprises de manutention privées prévue par le «plan de relance» des ports français annoncé le 14 janvier. Ce plan prévoit un recentrage des ports autonomes sur leurs missions régaliennes.
Le syndicat avait demandé jeudi soir au président Nicolas Sarkozy de reporter l'examen de cette réforme mais cette dernière sera bien présentée en Conseil des ministres avant la fin avril, comme prévu, a-t-on indiqué vendredi dans l'entourage du secrétaire d'Etat aux Transports Dominique Bussereau.
«La volonté du gouvernement est d'aller assez vite sur ce texte de loi», étant entendu «qu'il est très ouvert et laisse une très large place à la concertation et à la négociation», a-t-on affirmé de même source.
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