mercredi 16 avril 2008, 19h31 | AFP
Les syndicats de cheminots ont exprimé mercredi leur opposition au transfert de 55.000 cheminots de la SNCF vers Réseau ferré de France (RFF) comme le suggère la Cour des comptes, la CGT menaçant d'un «grand mouvement social».
«Si on externalise 50.000 cheminots, on démantèle le service public national de la SNCF et on crée les conditions à terme de sa privatisation», a réagi auprès de l'AFP Didier Le Reste, secrétaire général de la CGT cheminots.
«De la façon la plus ferme qui soit, la fédération CGT des cheminots exprime son désaccord et indique qu'elle créera les conditions d'un grand mouvement social pour s'opposer à la casse de la SNCF», a-t-il ajouté.
FO a qualifié cette proposition de transfert de «provocation qui ne pourrait se conclure que par une réaction d'ampleur des cheminots».
Sud Rail, la CFDT, la CFTC, l'Unsa et la Fgaac (agents de conduites) se sont dit tous, à des degrés divers, également opposés au transfert. La plupart ont souligné que RFF, lourdement endetté, ne serait de toutes façons pas intéressé par cette arrivée de cheminots représentant une «charge supplémentaire».
Dans un rapport publié mercredi, la Cour des comptes propose notamment de transférer environ un tiers des cheminots à RFF, propriétaire des voies ferrées. Ils s'agirait des salariés affectés à l'entretien du réseau, soit les 55.000 cheminots de la branche Infrastructure de la compagnie ferroviaire.
La Cour évoque comme autre solution la filialisation de cette branche qui prendrait la place de RFF, une proposition là aussi explosive.
Patrick Guillaudat, secrétaire fédéral de Sud Rail, a estimé qu'une filialisation de la branche Infrastructure serait plus vraisemblable, relevant que «l'objectif de RFF, dans le cadre notamment des marchés européens» était «l'ouverture à la concurrence de l'ensemble du marché de l'entretien et des travaux».
«La filialisation attaquerait encore plus le statut des cheminots et on s'orienterait vraiment vers des activités séparées enlevant toute unicité à l'entreprise elle-même», a relevé la CFTC.
La Fgaac, qui n'est «pas favorable a priori» à un transfert ou une filialisation, a rappelé que les «solutions pour rénover le réseau», vieillissant et pouvant devenir «accidentogène», passait par des «moyens» octroyés par l'Etat.
«L'Etat doit apurer la dette de RFF», qui s'élève à près de 28 milliards d'euros, a par ailleurs souligné l'Unsa cheminots.
«L'Etat français, responsable de la dette des infrastructures, doit trouver les réponses en requalifiant cette dette en dette publique», a déclaré Didier Le Reste.
«Il faut abroger les dispositions législatives qui ont créé RFF en 1997 et revenir à un système unique et intégré de la gestion des infrastructures ferroviaires», a-t-il conclu.
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