samedi 10 mai 2008 | Le Parisien

(idé)ZOOM
A 126 $, le baril a battu hier un nouveau record. Certains experts voient les cours atteindre 200 $ d'ici à deux ans. Au risque d'une récession mondiale. A la pompe, les prix du SP 95 peuvent frôler désormais 1,70 € .
JUSQU'OÙ monteront les prix du pétrole ? Hier, le baril de pétrole a franchi un nouveau record en dépassant pour la première fois le seuil des 125 $ à New York comme à Londres, frôlant même les 126 $ aux Etats-Unis. Les cours qui atteignaient 62 $ il y a un an, ont donc doublé. Ils ont été multipliés par cinq en six ans.
Cette envolée, certains experts la voient se poursuivre encore plusieurs
années. Une étude que vient de publier Goldman Sachs, une banque d'investissement américaine,
prévoit même un baril à 200 $ d'ici à deux ans. Plusieurs facteurs expliquent cette flambée
:
La forte consommation d'énergie de pays
comme l'Inde ou la Chine (stimulée par les futurs
JO) mais aussi les Etats-Unis. Ces derniers, malgré la crise, demeurent les plus gros consommateurs
de pétrole au monde.
L'équilibre de plus en plus serré, au fil des années, entre offre et demande
et la réticence de l'Opep à augmenter sa production. Une analyse contestée, cependant, par l'Organisation
des pays exportateurs de pétrole. « Il n'y a clairement pas de manque de pétrole sur le marché
», a encore insisté jeudi Abdallah Salem el-Badri, le secrétaire général du cartel pétrolier
qui assure 40 % de la production mondiale. Il n'empêche, à long terme, la réduction des réserves
pétrolières mondiales est bel et bien de nature à doper les cours.
Du coup, la moindre inquiétude
géopolitique
provoque une envolée des prix. Des sabotages sur les installations nigérianes du
groupe pétrolier Shell et un regain de tensions entre l'Occident, l'Iran, deuxième producteur
au sein l'Opep et l'Irak, ont ainsi été à l'origine de cette nouvelle flambée.
L'affaiblissement
du dollar.
La baisse du billet vert pousse en effet les traders à acheter des produits comme
le pétrole ou les matières premières pour se prémunir contre l'inflation, souvent inhérente
à la faiblesse de la devise américaine.
La spéculation.
Destinée à se couvrir contre les fluctuations
de cours, elle favorise aujourd'hui la flambée des prix sous la pression d'opérateurs qui n'achètent
que pour vendre plus cher et encaisser de confortables et rapides plus-values.
Pour faire face,
tous les pays et un grand nombre d'entreprises (automobiles, BTP, aérien...) expérimentent de
façon plus ou moins volontariste des politiques d'économies d'énergie. Mais aujourd'hui, c'est
la croissance mondiale qui montre des signes de faiblesse. Aux Etats-Unis, notamment. Dans ce
cas, les cours du pétrole devraient s'assagir. Mais à quel prix ?

leparisien.fr | 09.05.08 à 18h08

leparisien.fr | 09.05.08 à 13h21

Afp | 09.05.08 à 10h30
leparisien.fr | 08.05.08 à 11h18
Afp | 07.05.08 à 18h19
Faits divers | Le Parisien | 10-05-2008
Vivre mieux | Le Parisien | 10-05-2008