vendredi 18 avril 2008 | Le Parisien
Selon une nouvelle étude, 71 % des Français estiment que leur pouvoir d'achat a diminué. Pourtant des experts assurent que cette perception serait faussée. Notre chariot de 31 produits montre toujours des prix qui jouent au yo-yo.
ET SI LA BAISSE du pouvoir d'achat n'était qu'une mauvaise perception de la réalité ? Pour en savoir plus, Esomar, organisme mondial regroupant 5 000 entreprises et instituts spécialisés dans les études, a posé la question la semaine dernière à un panel de 401 Français*. A 71 %, ils trouvent que leur pouvoir d'achat a « plutôt diminué », mais 21 % pensent qu'il a progressé. Parmi les pessimistes, près de 80 % indiquent avoir « différé » l'achat d'une voiture ou d'électroménager.
Le premier responsable de la baisse du pouvoir d'achat est, pour 46 % des sondés, « le passage à l'euro », la hausse des matières premières (19 %), les prix pratiqués par les grandes surfaces (14 %), l'Etat (10%) et enfin les industriels (4 %). « Les gens disent qu'ils restreignent leur consommation mais celle-ci est toujours dynamique », insiste Nicolas Ferrari, économiste et rapporteur de la commission
« mesure du pouvoir d'achat des ménages » qui a préconisé la mise en place par l'Insee de nouveaux indicateurs. Selon lui, « le pouvoir d'achat a augmenté de 39,6 % entre 1990 et 2006 ».
Une
mauvaise appréciation
Gérard Mermet, le sociologue qui a aussi participé à la réflexion de Bercy
sur le sujet, défend la thèse d'une mauvaise perception de l'évolution du pouvoir d'achat
(lire
ci-dessous).
Pour autant, l'association franco-allemande Euro Info Consommateurs a comparé les
prix de plusieurs denrées de chaque côté du Rhin. « Bilan sur 5 000 prix, explique sa directrice,
Martine Mérigeau, 65 % des produits sont moins chers en Allemagne et la différence entre les
deux paniers atteint 9 %. »
Exemple extrême : le même adoucissant Cajoline 750 ml est vendu
en France 2,58 € contre 0,79 € en Allemagne. Explication : « Depuis dix ans, le pouvoir d'achat
en Allemagne a stagné sinon baissé et de nouveaux modes de consommation sont apparus avec les
discounters. 40 % des achats y sont faits chez Aldi, Lidl et les autres. La densité commerciale
est deux fois supérieure à celle de la France et il n'y a pas de marges arrière. »
Selon une autre étude du cabinet Nielsen, publiée hier, les Français ont eu une bonne perception de l'inflation jusqu'à l'arrivée de l'euro, en 2002...
* Sondage réalisé par téléphone du 7 au
11 avril auprès de 401 individus, selon une structure représentative de la population française
en termes d'âge, de sexe, de profession, de région et de taille d'agglomération.
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