mercredi 09 avril 2008, 15h02 | leparisien.fr avec l'AFP

(Eric Feferberg - AFP) ZOOM
Hier encore, le RSA semblait en sursis.
En déplacement à Cahors, le président de la République durcissait le ton sur les politiques sociales, en partie responsables selon lui du déficit et de la dette, tout en prévenant que le RSA, défendu par Martin Hirsch, serait calibré en fonction des finances de l'Etat. De son côté, le Haut commissaire aux Solidarités actives dénonçait la menace d'un "RSA au rabais".
Aujourd'hui pourtant, à l'issue du Conseil des ministres, Martin Hirsch s'est montré plus rassurant. Il affirme qu'il a eu des "discussions directes avec le président de la République" au sujet du RSA, en ajoutant qu'il tenait le cap sur cette question.
"Je voudrais dire à ceux qui se battent sur le terrain aujourd'hui qu'ils savent que c'est difficile, c'est le même combat que pour ceux qui se battent pour retrouver du travail. On ne les lâche pas, on tient le cap", a-t-il ajouté.
Luc Chatel, porte-parole du gouvernement, a assuré que l'Etat avait les moyens de mettre en place le Revenu de solidarité active (RSA), mercredi à l'issue du Conseil des ministres.
A la question "l'Etat a-t-il les moyens de faire le RSA dans contexte actuel de déficit budgétaire?", M. Chatel a répondu : "Oui. C'est un dispositif qui trouve sa place dans une volonté de retour à l'emploi de publics trop longtemps à l'écart des dispositifs d'insertion et d'emploi".
A ses yeux, le RSA est d'autant plus nécessaire qu'"on a tous fait le constat, sur tous les bancs des formations politiques (...), que les dispositifs qui existent en matière de solidarité n'incitent pas à reprendre un emploi". "Si vous avez un certain nombre d'allocations et que vous reprenez un emploi, vous gagnez moins qu'avant", a-t-il observé.
Le RSA est "un dispositif efficace qui s'insère dans les contraintes budgétaires", qu'il faut "calibrer". "Ca peut passer par des redéploiements (...) C'est le travail qui va être mené", a-t-il ajouté.
De son côté, le député PS Arnaud Montebourg a estimé qu'en prévoyant de "calibrer" le Revenu de solidarité active (RSA) en fonction des finances de l'Etat, Nicolas Sarkozy avait signifié "l'abandon" de cette réforme portée par Martin Hirsch.
M. Montebourg a reproché au chef de l'Etat, sur Canal +, de faire payer "la facture" du paquet fiscal "aux classes moyennes" et "populaires".
"Quinze milliards gaspillés, des cadeaux pour les classes supérieures au mois d'août, au mois d'octobre M. Fillon annonce que l'Etat est en faillite, au mois de janvier M. Sarkozy dit que les caisses de l'Etat sont vides et maintenant il envoie la facture sur les classes moyennes et les classes populaires", a résumé le député de Saône-et-Loire.

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