mardi 15 avril 2008 | Le Parisien

(LP(/PHILIPPE DE POULPIQUET.)ZOOM
Hier soir, les équipiers du voilier français pris en otages en Somalie ont pu retrouver leurs familles à Orly. Une enquête a été ouverte par le parquet de Paris à l'encontre des pirates, dont six membres sont détenus par l'armée française.
RIEN NE COMPTE pour ce petit garçon d'à peine 5 ans, à la fois impatient et grave dans sa veste de velours marron. Même pas le président de la République, le ministre de la Défense et celui des Transports réunis quelques mètres derrière lui. Il trépigne, a du mal à tenir en place, sur les marches du salon d'honneur de l'aéroport d'Orly.
Il attend son
papa, et cela dépasse tous les honneurs du monde.
A 19 h 30 précises, l'A-310 floqué République
française atterrit sur le tarmac. Salve d'applaudissements, depuis le salon d'honneur. Quelques
instants plus tard, les premiers visages, illuminés de joie, pointent du haut de la passerelle.
Lentement, un à un, les trente membres de l'équipage du « Ponant » retrouvent le sol français.
Mains jointes au-dessus de la tête, bras relevés en signe de victoire, ils cherchent les leurs
du regard. Après que Nicolas Sarkozy eut brièvement salué les ex-otages, et discrètement félicité
les forces spéciales - cachées derrière un réacteur de l'avion -, leurs familles et leurs proches
peuvent enfin se ruer vers eux. Des petites grappes se forment, qui laissent éclater leur bonheur,
pour beaucoup inondé de larmes.
Un intense soulagement
Seul le capitaine du « Ponant », Patrick
Marchesseau, prend la parole au micro, avant de s'engouffrer, avec son épouse, dans le salon
d'honneur : « Nous tenons à dire, avant tout, combien nous avons pensé à Ingrid Betancourt.
Pour nous, c'était du quatre étoiles, elle est détenue depuis bien plus longtemps dans le fin
fond de la jungle. Nous lui souhaitons le même dénouement que le nôtre. » Puis le marin a un
peu détaillé les circonstances de leur prise en otage, les armes braquées sur eux, plusieurs
fois, les moments de tension même si « à aucun moment, aucun d'entre nous n'a été violenté,
ni physiquement ni verbalement ». Au nom de tous ses compagnons d'infortune, le capitaine du
« Ponant » a simplement évoqué sa très grande joie et son soulagement intense.
Folle de joie,
Maryse Levaltier retrouve son « petit bouchon », Médéric, 32 ans, maître d'hôtel à bord. « Ce
soir, on va profiter de la famille, on va faire la fête ! » lâche-t-il, rayonnant. Quant à savoir
s'il est prêt à reprendre la mer, il préfère « prendre du temps pour lui avant de se poser la
question ». Steve Maisonneuve, 31 ans, capitaine en second du « Ponant », lui, n'hésite pas
un instant : « Je suis marin ! J'espère repartir très vite. En fait, on s'est fait plus de mouron
pour nos familles que pour nous-mêmes. » En attendant, sa seule envie pour la soirée, c'est
de s'offrir « un bon verre de vin » avec les siens.
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