jeudi 15 mai 2008, 22h41 | leparisien.fr
Le «détective des stars» Anthony Pellicano, accusé notamment d'avoir effectué des écoutes téléphoniques illégales au profit de grands noms de Hollywood, a été jugé coupable jeudi par un jury de Los Angeles, a-t-on appris de source judiciaire.
M. Pellicano, 64 ans, a vu sa culpabilité établie par le jury d'un tribunal fédéral dans 76 des 77 chefs d'accusation qui pesaient sur lui, entre autres participation à une entreprise criminelle et association de malfaiteurs.
Les 12 jurés ont rendu leur verdict à l'issue de deux semaines de délibérations et huit de débats. C'est désormais à un juge de fixer la peine de M. Pellicano, qui risque plusieurs peines allant jusqu'à 20 ans de prison.
L'inculpation début 2006 de M. Pellicano avait suscité des spéculations sur qui, parmi les riches et célèbres, pourrait être éclaboussé par le scandale: ce détective réputé pour son efficacité travaillait pour le gotha du cinéma et du divertissement.
Parmi les personnes ayant été visées par ses faits délictueux présumés figuraient les acteurs Sylvester Stallone et Garry Shandling.
Mais malgré une impressionnante liste de témoins du parquet, parmi lesquels l'actuel président du studio Paramount, Brad Grey, le procès n'avait apporté aucune révélation de grande ampleur, d'autant plus que M. Pellicano, qui assurait sa propre défense, avait choisi de ne pas témoigner.
Jusqu'à son arrestation en 2002, M. Pellicano excerçait ses talents dans toute une gamme d'affaires, de divorces à des contentieux entre producteurs et cinéastes. L'un d'entre eux, John McTiernan, a été condamné en septembre 2007 à quatre mois de prison ferme pour avoir menti aux enquêteurs.
M. Pellicano, dont les tarifs se chiffraient en dizaines de milliers de dollars, était un «voyou très bien informé et très bien payé» ayant recours à des opérations illégales, avait affirmé le représentant du parquet, Daniel Saunders, lors de son réquisitoire fin avril.
De son côté, dans sa plaidoirie finale, M. Pellicano s'était défini comme un «solitaire» qui dirigeait «une agence d'enquêtes», mais nié avoir monté une entreprise criminelle, tout au plus avoir eu recours à des «raccourcis».
Le parquet lui reprochait entre autres d'avoir corrompu des employés de compagnies téléphoniques pour intercepter des conversations de personnes visées par ses enquêtes, ainsi que d'avoir versé des pots-de-vin à un policier pour qu'il sorte des informations de bases de données confidentielles.
M. Pellicano, qui comparaissait au côté de quatre co-accusés, dont le policier qu'il avait corrompu, a pendant longtemps été le détective préféré de la jet-set, notamment de Michael Jackson et Elizabeth Taylor.
Lors d'une perquisition fin 2002 de son bureau à Hollywood, dans le nord-ouest de Los Angeles, la police avait découvert des preuves d'écoutes illégales, ainsi que du plastic C-4 et des grenades, armes qui avaient conduit à sa condamnation à 30 mois de prison.
M. Pellicano était jugé devant un tribunal fédéral et non californien en raison de son inculpation pour participation à une entreprise de crime organisé, un dispositif légal habituellement utilisé contre la mafia et les gangs.
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