mercredi 23 avril 2008 | Le Parisien

LP/FREDERIC DUGIT.ZOOM
Le procès des frères Marc et Jean-Claude Hornec, «parrains» présumés du milieu parisien, et de huit de leurs proches s'est ouvert mercredi matin devant le tribunal correctionnel d'Amiens.
En 2002, plusieurs membres
du clan Hornec, des Gitans sédentarisés demeurant
en Ile-de-France, sont soupçonnés d'avoir
agressé Dany Boon, réalisateur de « Bienvenue
chez les Ch'tis », pour lui voler sa Mercedes.
BIENVENUE chez les Hornec ! Six membres
de cette famille de Gitans sédentarisés, suspectés de tenir le milieu parisien depuis des années,
comparaissent à partir d'aujourd'hui devant le tribunal correctionnel d'Amiens (Somme). Parmi
leurs victimes : Dany Boon, réalisateur et acteur de « Bienvenue chez les Ch'tis », attaqué
sur l'autoroute du Nord lors d'un faux contrôle de police en mars 2002. Fichés au grand banditisme,
Marc Hornec, 41 ans, chef du clan, et son frère aîné Jean-Claude, 54 ans - tous deux détenus
- sont poursuivis avec quatre cousins pour leur participation présumée à une association de
malfaiteurs.
On leur reproche à des degrés divers des vols par ruse au préjudice de personnes
âgées en Picardie et dans le nord de la France, des vols de voitures, ainsi qu'un saucissonnage
violent en Isère. La concubine de Marc Hornec et un de ses beaux-frères figurent également parmi
les prévenus d'un procès qui doit durer trois jours.
Il s'accroche à la portière
pour
récupérer son chien
Le 20 mars 2002, Dany Boon circule sur l'A 1 à bord de sa Mercedes
SL 400 Limousine. Son régisseur l'accompagne. A hauteur de Thiers-sur-Thiève (Oise), une Peugeot
équipée d'un gyrophare bleu et d'un pare-soleil « Police » se rapproche de la Mercedes, qui
ralentit. Torche en main, un inconnu descend et ordonne à Dany Boon et son ami de poser les
mains sur le tableau de bord puis de présenter les papiers du véhicule. Sa carte de police est
très réaliste. Très agressif, il fait sortir le comédien et le régisseur, frappe Dany Boon et
s'enfuit à bord de la Mercedes. A bord du véhicule se trouve Bouddha, le labrador de l'acteur.
Dany s'accroche à la portière pour récupérer son chien. Il parvient à entrer dans le véhicule.
Le conducteur le frappe alors au visage avec sa lampe torche, ralentit et jette l'acteur dehors.
Grâce à un système antivol, la Mercedes s'immobilise quelques mètres plus loin. Dany Boon, qui
écopera de huit jours d'incapacité totale de travail, identifiera (le régisseur aussi) son agresseur
comme étant Jimmy Hornec, 31 ans, cousin de Marc Hornec.
A l'époque, ça fait déjà de longs mois
que les gendarmes s'intéressent de près aux activités des H, comme on surnomme le célèbre clan
originaire de Montreuil (Seine-Saint-Denis). Au prix de longues surveillances, les enquêteurs
ont fait le lien entre des véhicules de forte puissance, volés puis maquillés et qui transitaient
par Roissy, et des dizaines de vols commis par de faux gendarmes ou policiers au préjudice de
retraités. Au total, le juge ne pourra toutefois retenir que six vols à la fausse qualité contre
la bande. Les investigations ont mis en cause Jean-Claude Hornec, mais aussi Jimmy, Fabrice,
David et Mehdi, cousins de Marc Hornec qui est tombé à son tour. Selon l'accusation, ce dernier
a été reconnu au volant d'une voiture ayant servi à commettre des vols par ruse le 20 septembre
2000. La plupart des voitures dérobées auraient stationné chez lui ou près de chez lui dans
le Val-de-Marne.
Les enquêteurs relèvent que le chef du clan vivait dans la semi-clandestinité
et stigmatisent les modestes revenus de ce couple qui disposait pourtant d'un important patrimoine
immobilier. Libéré en juillet 2004 grâce à ses avocats, M
e
s
Giraud et
Liénard, Marc Hornec n'a pas respecté son contrôle judiciaire et a été arrêté fin février dernier
dans le Val-d'Oise. Il est également soupçonné d'avoir joué un rôle dans l'agression d'un couple
de retraités, attaqués chez eux à Biviers (Isère), séquestrés, frappés puis délestés de 486
000 €. Lors de l'instruction, l'ensemble des prévenus a nié toute implication dans cette longue
série de méfaits. Régulièrement arrêtés, les H ont rarement été condamnés.
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