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PROCES FOURNIRET.

« Je suis extrêmement dangereux » Valérie Brioux

mercredi 14 mai 2008 | Le Parisien

(REUTERS/BENOIT TESSIER.)

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L'Ogre des Ardennes s'est enfin mis à parler devant la cour d'assises des Ardennes, conformément à sa promesse, affirmant qu'il se savait encore dangereux. Il a été confronté aux victimes qu'il avait agressées dans les années 1980.

COMME PROMIS, il parle, mais elles savent le faire taire. Les jeunes filles terrorisées sont devenues des femmes, capables de tenir tête à celui qui les a agressées au début des années 1980. Michel Fourniret, fidèle à son pull jacquard malgré la chaleur qui étouffe la cour d'assises des Ardennes, voit d'abord ressurgir son « cas le plus grave », comme lui-même l'avait qualifié.

Dahina Le Guennan n'avait que 14 ans quand il l'a prise en otage, sous la menace d'une fiole contenant du vitriol. « Ce que j'ai vécu comme traumatisme, c'est un viol », rappelle-t-elle. Cette mère de trois enfants parle d'une voix claire de cet outrage, suivi de « trois tentatives de suicide ». Car elle n'a pas eu le courage de se défendre. Aussi la justice ne l'a-t-elle pas reconnue comme une véritable victime. « Jusqu'au bout, j'ai cru ce que vous me disiez, que c'était un simulacre de viol, se justifie-t-elle en s'adressant directement à son agresseur. Mais en aucun cas, il n'y a eu de lien affectif tissé entre nous. » Michel Fourniret avait aussi assuré qu'elle était consentante. « Je me suis trompé », reconnaît-il, respectueux.

« Je ne cherche pas d'excuses »

Il mentait assurément quand il jurait du « caractère inoffensif de sa personne », jusqu'à son interpellation encore, en juin 2003. « La personnalité de quelqu'un n'est pas monolithique. Le sensé et l'extravagant peuvent être dans un même individu, rétorque le vaniteux. Dans ma tête, il est exact que je n'ai pas l'impression d'agresser quelqu'un. C'est peut-être terrible, mais si je dois dire la vérité, je la dis. Je ne cherche à convaincre personne. Je parle avec ma sincérité, même si elle est parfois douteuse. Je ne cherche pas d'excuses non plus. »

Il tient d'ailleurs à rappeler que ce sont ses aveux - un tableau recensant 13 « accostages » - qui l'ont conduit devant la cour d'assises de l'Essonne en juin 1987. La justice n'avait retenu que sept victimes, requalifiant le viol subi par Dahina en « agression sexuelle ». L'accusé avait écopé de sept ans de prison, dont deux avec sursis et trois de mise à l'épreuve. En octobre, il était libre.

Sandrine, seconde victime de Fourniret, reste « scandalisée ». Elle s'en est sortie indemne, alors elle a préféré ne jamais porter plainte. Elle est là « par devoir », « stupéfaite » que cet homme « pitoyable » la contraigne, en la citant comme témoin, à renouer avec le tribunal, vingt-cinq ans après son agression. Lui reviendrait avec plaisir sur ce « moment partagé » avec elle. « Taisez-vous ! » l'interrompt-elle. Une troisième victime le toise à son tour, rappelant à ce « sale minable » qu'elle a su sortir saine et sauve de ses griffes. Michel Fourniret encaisse le coup. Il se sent « beaucoup plus léger » depuis qu'il s'est décidé à parler. Notamment pour reconnaître qu'il est « encore extrêmement dangereux », puisqu'il n'a « pas eu la réponse à la question » qu'il s'était « posée le jour » de son « premier mariage » : « l'expérience » de la virginité. « J'ai cru la faire avec Céline Saison », lâche-t-il soudain, sur le ton de la confidence.

En dira-t-il plus ? « J'ai dit ce qu'il en était et je défie quiconque - y compris Madame ici présente (son épouse et complice Monique Olivier) - de venir le réfuter », répète-t-il, « excédé », à M e Seban, l'un des avocats des parties civiles qui s'escrime à lui faire avouer d'autres crimes. Il a « envie de lui tordre le cou » et compte aussi « régler » ses « comptes » avec Monique Olivier « par micro interposé ». Car il n'entend pas « se laisser berner par cette cigale désinvolte ».

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