vendredi 11 avril 2008 | Le Parisien

LP/MARC MENOU.ZOOM
La décision des jurés de ne pas condamner cette mère accusée d'avoir tué sa fille de 26 ans, lourdement handicapée, entraîne des discussions passionnées. Il appartient au parquet général de faire ou non appel.
FALLAIT-IL acquitter Lydie Debaine ? La question fait débat au lendemain de la décision rarissime rendue mercredi par la cour d'assises du Val-d'Oise. Accusée d'avoir tué, en 2005, sa fille de 26 ans handicapée cérébrale dont elle ne supportait plus les souffrances, Lydie Debaine a été reconnue non-coupable et donc dispensée de toute peine. « Les jurés sont libres et souverains.
On n'a
pas à commenter leur verdict », réagit sans hésiter un magistrat. « Nous respectons la décision
de la cour d'assises », indique de son côté le procureur de Pontoise, Marie-Thérèse de Givry.
Une façon de dire que le parquet ne fera pas appel, même si l'avocat général avait requis à
l'audience trois ans de prison avec sursis à l'encontre de l'accusée. « Seul le procureur général
peut interjeter appel sur un acquittement, précise un autre magistrat. En règle générale, il
prend sa décision en accord avec son collègue du parquet qui était au procès. » La balle est
donc dans le camp du procureur général de Versailles, qui a dix jours pour faire connaître sa
décision.
En attendant de savoir si Lydie Debaine sera ou non rejugée, le verdict de Pontoise
suscite des réactions contrastées. La première concernée a, dès mercredi soir, fait part de
son immense soulagement. « Trois ans d'attente, c'est long. Je ne m'attendais pas à l'acquittement.
Je l'espérais, bien sûr, mais j'avais peur que la cour suive les réquisitions de l'avocat général.
Je crois que les jurés ont été sensibles à ma douleur et à mon drame », confiait Lydie Debaine
tout en indiquant combien sa fille lui manquait. Son avocate assure :
« J'aurai eu honte
de ne pas plaider l'acquittement ». Elle souhaite maintenant « qu'on n'ait plus jamais besoin
de plaider pour une maman qui a eu à donner la mort à son enfant ». « Les jurés ont dit qu'il
y a des circonstances dans lesquelles on peut donner la mort, ajoute-t-elle. J'appelle de tous
mes voeux l'ouverture d'un vrai débat, qu'il y ait une véritable réflexion sur toutes les questions
soulevées. »
« Certains pourraient l'interpréter comme
un permis de
tuer »
De son côté, une des soeurs de l'acquittée aurait préféré une peine avec
sursis afin d'éviter que d'autres parents se croient autorisés à commettre un jour un tel geste.
« Méfions-nous de ce genre de verdict que certains pourraient interpréter comme un permis de
tuer », prévient anonymement un juge. Dans le droit fil, certaines associations redoutent que
le verdict de Pontoise ne fasse jurisprudence dans les enceintes de justice comme dans les esprits.
« Je crains qu'il incite d'autres personnes à faire de même et il faut l'éviter à tout prix,
a réagi hier sur RMC le président de l'Association des paralysés de France. C'est à la société
de répondre. M
m
e
Debaine n'a sans doute pas eu d'interlocuteur face à
ses difficultés. Elle a dû gérer la situation toute seule, ce qui est extrêmement choquant.
» Pour Lydie Debaine cependant, la question de la prise en charge n'a pas influencé son geste.
« Je ne l'ai pas fait par manque de structure, mais parce qu'Anne-Marie
(NDLR : sa fille)
souffrait
trop », précisait-elle dans la foulée du verdict.
Dans le département du Nord, une affaire d'euthanasie
présumée suscite beaucoup d'émotions. Une mère s'est accusée d'avoir mis fin aux jours de son
fils tétraplégique en lui injectant du Valium. L'autopsie de l'adolescent de 14 ans, dont le
corps avait été retrouvé le 2 avril chez sa mère à Wattignies, près de Lille, a depuis démontré
que le décès était dû à une asphyxie. La victime était très lourdement handicapée à la suite
d'un accident de voiture survenu il y a sept ans. La mère, qui conduisait le jour du drame,
ne supportait plus l'état de son enfant. Ses aveux restent à prendre avec la plus grande prudence.
Hospitalisée en psychiatrie, cette mère n'a toujours pas pu être interrogée par les policiers.
De cette audition dépendent les suites judiciaires éventuelles.

leparisien.fr | 11.04.08 à 17h14
leparisien.fr | 11.04.08 à 17h01
Afp | 11.04.08 à 14h32
leparisien.fr | 11.04.08 à 12h07
leparisien.fr | 10.04.08 à 20h50
Afp | 10.04.08 à 20h15
leparisien.fr | 10.04.08 à 19h46
leParisien.fr avec l'AFP | 10.04.08 à 19h28
leParisien.fr avec l'AFP | 10.04.08 à 18h54
leParisien.fr avec l'AFP | 10.04.08 à 18h13
leparisien.fr | 10.04.08 à 17h55
leparisien.fr | 10.04.08 à 16h11
leparisien.fr | 10.04.08 à 16h05
Afp | 10.04.08 à 14h19
leParisien.fr avec l'AFP | 10.04.08 à 12h09
leparisien.fr | 09.04.08 à 21h10
leParisien.fr avec l'AFP | 09.04.08 à 20h12
leParisien.fr avec l'AFP | 09.04.08 à 18h29
Afp | 09.04.08 à 18h11
leparisien.fr | 09.04.08 à 10h58
leparisien.fr | 08.04.08 à 22h29
leparisien.fr | 08.04.08 à 19h11
leparisien.fr | 08.04.08 à 19h03
leparisien.fr | 08.04.08 à 19h00
leParisien.fr avec l'AFP | 08.04.08 à 16h13

Afp | 08.04.08 à 12h36
leparisien.fr | 08.04.08 à 12h29

leParisien.fr avec l'AFP | 08.04.08 à 11h02
Sports | Le Parisien | 11-04-2008
