samedi 10 mai 2008 | Le Parisien

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Soupçonné d'avoir violé plusieurs adolescents, Léonid Kameneff avait trouvé refuge au Venezuela, où il a été arrêté en janvier. Ce Français, fondateur de l'Ecole en bateau, avait effectué des séjours éducatifs en mer avec des jeunes de 1979 à 1992.
PENDANT des années, les croisières éducatives organisées par Léonid Kameneff, 72 ans, sont soupçonnées d'avoir été un prétexte pour assouvir les fantasmes pédophiles de ce pédagogue très particulier. Le tribunal suprême de justice du Venezuela a autorisé hier son extradition. Arrêté fin janvier à bord de son bateau, le « Karrek Ven », dans le port de Cumana (Venezuela) où il avait fait escale depuis trois ans, Léonid Kameneff, fondateur de l'association l'Ecole en bateau, est soupçonné d'agressions sexuelles et de viols avec abus d'autorité sur des jeunes gens, entre 1979 et 1992.
Ces adolescents embarquaient pour vivre
un « an d'aventures » sur un ancien thonier. Déjà plus de cent cinquante personnes ont été entendues
par la brigade de mineurs de Paris et quatorze victimes se sont constituées parties civiles.
« C'est le résultat d'une longue bataille judiciaire. Un dossier sorti de l'ornière et emblématique
d'une époque où l'on n'enquêtait pas sur ce type d'affaires », lâche Me
Eric Morain,
l'avocat de nombreuses victimes.
Début 2006,
la Cour de cassation désigne la
juge d'instruction Nathalie Dutartre, à Paris, après que le dossier a longtemps sommeillé en
Martinique.
Dans la foulée, le 7 novembre 2006,
la magistrate délivre un mandat
d'arrêt international après des témoignages accablants et crédibles à l'encontre de Kameneff.
Double discours
« Il se comportait comme un gourou exerçant une forte emprise psychologique sur les
enfants, les invitant à vivre dans la nudité et prônant l'absence de barrière sociale et morale
entre adultes et enfants. Il instaurait aussi une stratégie du dénigrement de la cellule familiale
», explique Me
Morain, étonné du double discours du fondateur de l'Ecole en bateau.
Ce dernier « prétend n'avoir jamais fui la justice française », mais a fait plaider fin mars
pour « refuser son extradition ».
Le procureur de la plus haute instance pénale du Venezuela
a alors estimé que les demandes de la justice française étaient « fondées et légitimes ». Les
avocats de Kameneff ont, eux, invoqué son grand âge, la prescription des faits selon la loi
du pays et un vice de procédure. En vain. Léonid Kameneff dispose encore d'un recours constitutionnel,
mais il n'est pas sûr qu'il utilise ce droit pour s'opposer à son extradition. Son avocat en
France, Me
Yann Choucq, a toujours expliqué que son client était « la victime d'une
vengeance ».

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