vendredi 09 mai 2008, 11h03 | AFP
Le groupe indépendantiste basque armé ETA a revendiqué vendredi quatre attentats, commis récemment et s'en est pris au Parti socialiste espagnol (PSOE) et au Parti nationaliste basque (PNV), accusés de vouloir «imposer» au Pays Basque «un nouveau pacte d'autonomie».
Dans un communiqué parvenu au journal indépendantiste basque Gara (généralement utilisé par le groupe armé pour ses revendications), l'ETA revendique deux attentats à la bombe contre des relais de télévision, le 30 mars à Azpeitia (Pays Basque, nord) et le 12 avril à Lapoblacion (Navarre, nord).
Le groupe, tenu pour responsable de la mort de 822 personnes en 40 ans de lutte pour l'indépendance du Pays Basque, revendique aussi les attaques contre des permanences socialistes, à Bilbao le 17 avril et Elgoibar (Pays Basque, nord) le 20 avril.
L'organisation clandestine qui figure sur la liste des organisations terroristes de l'Union européenne (UE), affirme que le PSOE, au pouvoir au Espagne et le PNV, au pouvoir dans les institutions régionales basques, veulent «rénover» l'actuel statut d'autonomie de la région, datant de 1979, selon les extraits du communiqué diffusés par Gara.
Les deux partis veulent «imposer à notre peuple (basque, ndlr) un nouveau pacte d'autonomie», écrit dans son communiqué l'ETA, ajoutant que «jamais nous n'accepterons une situation imposée».
L'ETA accuse le PSOE et PNV de vouloir «éliminer» l'indépendantisme basque radical, «désactiver la lutte pour l'indépendance et imposer un nouveau cycle d'autonomie espagnol à Euskal Herria».
Euskal Herria correspond au «grand Pays Basque» incluant le Pays Basque espagnol, la Navarre (région voisine en partie bascophone) et le Pays Basque français, revendiqué par les indépendantistes.
Le groupe clandestin qui a mis fin en juin 2007 à une trêve de 15 mois, après l'échec d'une tentative de dialogue avec le gouvernement espagnol, rappelle que son objectif est la «construction d'un Etat pour Euskal Herria».
«Nous y parviendrons !» affirme le groupe clandestin, qui avait dans un précédent communiqué revendiqué l'assassinat d'un ex-élu municipal socialiste, Isaias Carrasco, à Mondragon (Pays Basque, nord), deux jours avant les élections législatives espagnoles en mars.
Le groupe armé fustige encore l'incarcération récente de la maire indépendantiste de Mondragon et le procès à Madrid contre le comité de soutien aux prisonniers de l'ETA, Askatasuna.
Le juge espagnol Baltasar Garzon a ordonné le 1er mai l'incarcération d'Inocencia Galparsoro, membre du parti ANV (Action nationaliste basque) et maire de Mondragon pour «collaboration avec une organisation terroriste» alors que son parti indépendantiste avait été suspendu en février pour liens avec l'entourage de l'ETA.
Depuis l'été passé, l'ETA a perpétré une vingtaine d'attentats et tué trois personnes tandis que la justice espagnole a accentué sa pression contre le groupe et son entourage, en particulier son «bras politique», Batasuna dont les principaux dirigeants sont aujourd'hui en prison.
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