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Les "unités territoriales de quartier", une nouvelle police pour renouer avec les banlieues

dimanche 13 avril 2008, 11h25 | AFP

               (Jean Ayissi - AFP/archives)

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De nouvelles unités de la police vont patrouiller dès lundi dans les communes défavorisées de la banlieue de Paris, théâtre d'émeutes en 2005, pour lutter contre la délinquance, mais aussi tenter de créer un lien de confiance avec la population.

Les 50 policiers des premières unités territoriales de quartier (Uteq) seront déployées dans certaines des banlieues les plus difficiles: La Courneuve, Clichy-Montfermeil et Saint-Denis.

Lutter contre la délinquance et obtenir des renseignements sur le terrain sur les bandes organisées et le trafic de drogue seront évidemment au coeur de leur mission.

Mais il est aussi largement question de "rétablir le lien de confiance" avec une population, qui se plaint de ne connaître des forces de l'ordre que les incessants contrôles d'identité et les perquisitions musclées, explique le chef de la Sécurité publique dans le département de la Seine-Saint-Denis, David Skuli, où 40% des habitants ont moins de 30 ans.

L'officier de police Catherine Vaillot, qui a grandi à La Courneuve et s'est portée volontaire dans cette nouvelle unité, se dit désespérée par le fait que "les gens ne vont plus au commissariat" pour signaler les crimes.

"Je veux développer le lien de confiance avec la population parce qu'elle attend beaucoup de nous dans les quartiers difficiles", explique cette policière de 47 ans, qui travaille à La Courneuve depuis 11 ans.

"Il n'y a pas que des voyous dans ces quartiers, il y a des gens honnêtes, qui bossent, qui rentrent le soir et qui veulent la tranquillité".

Et Catherine Vaillot est convaincue que ces nouvelles unités peuvent faire la différence.

"Ca va être une fidélisation sur le secteur, on sera visible tous les jours, les gens vont nous voir et nous connaître", explique-t-elle.

En 2002, le président Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, avait supprimé "la police de proximité", une décision qui a entraîné, selon ses détracteurs, une dégradation des relations entre les forces de l'ordre et les jeunes.

"Il y a une vraie rupture avec la police", constate Mehdi Bigaderne, porte-parole de l'association AC le feu, créée après les émeutes de 2005, et qui accueille favorablement ces nouvelles unités.

"Quand la police descend, c'est la chasse à l'animal. On ne sent pas qu'ils sont là pour notre sécurité", explique-t-il.

Depuis les émeutes de 2005, déclenchées par la mort dans un transformateur électrique de deux jeunes qui fuyaient des policiers, la France a encore été secoué par des violences, plus sporadiques et localisées néanmoins.

Les dernières en date ont eu lieu à Villiers-le-Bel, en novembre 2007, quand deux jeunes à moto sont morts après avoir percuté une voiture de police.

Durant ces violences, qui ont duré trois jours, plus d'une centaine de policiers ont été blessés par des émeutiers armés de fusils de chasse et de pistolets à grenaille. Cette montée en puissance a vivement inquiété les autorités.

Lors de leur formation, les policiers des Uteq ont reçu des conseils d'un psychologue sur la façon d'interroger les jeunes délinquants, ainsi qu'un enseignement sur les pratiques culturelles et religieuses de la quarantaine de nationalités qui cohabitent dans ces banlieues.

Mais Nordine Zine, 34 ans, l'un des rares policiers d'origine maghrébine de cette nouvelle unité, estime lui qu'il est d'abord question de "respect".

Le Premier ministre François Fillon avait estimé en janvier que cette nouvelle force de police, composée des "policiers les plus aguerris", allait mener un "combat de société" dans ces banlieues face à "la culture de la violence et de la haine" et au "mépris des règles communes".

               (Joel Saget - AFP/archives)
Mais il est aussi largement question de "rétablir le lien de confiance" avec une population, qui se plaint de ne connaître des forces de l'ordre que les incessants contrôles d'identité et les perquisitions musclées, explique le chef de la Sécurité publiqu  (Joel Saget - AFP/archives)

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