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Rachida Dati dément les propos d'Eric Breteau

mardi 08 avril 2008, 11h02 | leparisien.fr avec l'AFP

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Le président de l'Arche de Zoé, Eric Breteau, a affirmé lundi qu'il ne regrettait pas le rapatriement avorté de 103 enfants africains en France qui l'ont conduit en prison pendant plusieurs mois et assure qu'il "le referait parce qu'(il) veut faire bouger la cause du Darfour".

La ministre française de la Justice, Rachida Dati, a démenti ce matin les propos d' Eric Breteau, selon lequel elle était attendue fin octobre à l'arrivée prévue en France des enfants que l'association comptait faire sortir d'Afrique, avant l'échec de l'opération.

Eric Breteau a assuré que son opération avait été encouragée à l'été 2007 "par des conseillers de Nicolas Sarkozy et de Bernard Kouchner (le ministre des Affaires étrangères) et qu'il était "même prévu que Cécilia Sarkozy (l'ex-première dame de France) et Rachida Dati se déplacent en personne pour accueillir les 103 enfants à l'aéroport de Vatry", dans le nord.

"C'est totalement faux et infondé. Je ne connais pas ce monsieur, je ne l'ai jamais rencontré", a dit la ministre à la radio RTL. Rachida Dati assure avoir découvert l'existence de l'association Arche de Zoé lors de l'ouverture d'une enquête préliminaire par le parquet de Paris, en juillet 2007. Cette enquête a débouché sur l'ouverture d'une information judiciaire pour "exercice illégal de l'activité d'intermédiaire en vue d'adoption", "escroquerie" et "aide au séjour irrégulier de mineurs étrangers en France", et la mise en examen (inculpation) de quatre des six membres de l'association.

Dans le volet tchadien de l'affaire, les six Français avaient été condamnés à huit ans de travaux forcés à N'Djamena, une peine commuée en huit ans de prison en droit français, avant d'être graciés le 31 mars par le président Idriss Deby. S'agissant des 6,3 millions d'euros de dommages et intérêts qui demeurent dus aux familles des enfants, la ministre a fait valoir que "l'Etat français ne se substitue pas" aux personnes visées par "cette condamnation au civil", soulignant que "la France n'est pas responsable des infractions que ses ressortissant commettent à l'étranger".

"Non, je ne regrette pas l'opération, je regrette le sort de ces enfants renvoyés dans l'enfer du Darfour", a déclaré Eric Breteau sur France-Info. "Sur la légitimité de l'opération, le bien fondé d'organiser cette évacuation, je n'ai aucun regret et si c'était à refaire, je le referai parce que je souhaite faire bouger la cause du Darfour", a-t-il ajouté. Pour lui, l'objectif de l'opération était "de créer un incident international qui oblige la communauté internationale à intervenir sur le sujet du Darfour et donc, forcément, d'impliquer des politiques".

"Bernard Kouchner était parfaitement au courant de notre opération puisque j'ai rencontré personnellement son conseiller politique et qu'il a partagé mon analyse de la situation au Darfour et surtout mon analyse sur l'impact d'une telle opération qui, forcément, aurait créé une crise internationale avec le Soudan", a-t-il affirmé. Il a également dit avoir rencontré "un assistant direct de Catherine Pégard qui est une conseillère très proche du président Nicolas Sarkozy".

Eric Breteau a déploré que "les évènements du 25 octobre (l'arrestation des membres de l'équipe au Tchad, dont il faisait partie, ndlr) ont malheureusement détourné le sujet puisque, depuis lors, on ne parle que du Tchad et d'un vol d'enfants tchadiens et de l'Arche de Zoé, alors qu'on aurait souhaité parler du Darfour et de la situation des enfants au Darfour".

Il a réfuté tout lien entre l'opération et des adoptions. "Beaucoup de familles se sont proposées spontanément pour offrir un accueil à ces enfants et nous avons créé un réseau de familles d'accueil d'urgence qui avaient pour objectif de prendre en charge ces enfants le jour de leur arrivée", a-t-il expliqué. "Si certaines familles ont estimé que, dans l'avenir, elles souhaiteraient garder ces enfants, lancer des procédures d'adoption... c'est un deuxième débat beaucoup plus à long terme qui ne rentre plus dans le cadre de l'Arche de Zoé puisque l'Arche de Zoé a signé des conventions avec ces familles en expliquant bien que notre rôle était d'évacuer ces enfants et ensuite aux familles de les prendre en charge", a-t-il indiqué.

Les six Français de l'Arche de Zoé, graciés par le président tchadien après une condamnation à 8 ans de prison pour cette tentative d'exfiltration de 103 enfants, ont été libérés le 31 mars des différentes prisons françaises où ils purgeaient leur peine transformée en droit français.

Dans une procédure judiciaire distincte à Paris, quatre d'entre eux, dont Eric Breteau, ont été mis en examen pour "aide au séjour irrégulier de mineurs étrangers en France", un délit passible d'un an de prison et 15.000 euros d'amende.

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