vendredi 18 avril 2008, 16h15 | AFP
Un enseignant a été condamné vendredi par le tribunal correctionnel de Paris à 24 mois de prison, dont 16 avec sursis, et 8.000 euros d'amende pour avoir exposé 77 dessins faussement attribués à Jeanne Hebuterne, dernière compagne d'Amadeo Modigliani, qui s'était suicidée deux jours après sa mort, en 1920.
«La peine doit tenir compte du fait que Christian Parisot est connu pour être un expert dans le domaine de l'art. Les faits retenus à son encontre portent de manière durable un discrédit sur les transactions en ce domaine», a jugé la 31e chambre.
Elle a également condamné M. Parisot à verser un euro de dommages et intérêts au petit-neveu de Jeanne Hebuterne, Luc Prunet, partie civile au procès. Il réclamait 650.000 euros.
Lors de l'audience du 11 avril, le procureur, Anne-France Germain, avait requis deux ans de prison, dont un an ferme, et «au moins» 15.000 euros d'amende. «Si M. Parisot avait réussi à faire sortir (Jeanne Hebuterne) de l'ombre, la cote aurait évidemment suivi» et cela aurait été «extrêmement lucratif à terme», avait-elle dit, dénonçant le «préjudice causé au monde de l'art».
L'affaire débute en 2000. Cette année-là, Parisot prend contact avec Prunet, qui détient 60 dessins de sa grand-tante, et lui propose d'organiser une exposition à Venise. Prunet accepte de prêter les dessins à Parisot et l'autorise à les photographier afin de confectionner le catalogue de l'exposition.
Après la tenue de celle-ci, à l'automne 2000, Parisot les restitue à Prunet. Un an plus tard, il le sollicite pour une exposition en Espagne. Echaudé par certaines erreurs qu'il aurait commises à Venise, Prunet lui oppose un refus.
En juin 2002, ayant vent d'une exposition Jeanne Hebuterne organisée à Ségovie par Parisot, il porte plainte pour faux.
Selon lui, 60 des 77 dessins exposés sont des «copies serviles» de ceux qui avaient été photographiés par Parisot, tandis que les 17 autres sont des «faux créatifs». Analyse confirmée par deux experts pour qui les 77 dessins sont bien «des pastiches».
Durant l'audience, Parisot avait réaffirmé avoir acquis ces dessins aux puces, l'enquête ayant pourtant contredit ses déclarations à de nombreuses reprises. Ainsi, l'un des brocanteurs qui avait d'abord prétendu lui avoir vendu des dessins signés J.H., avait ensuite reconnu avoir menti, à la demande du prévenu.
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