mardi 26 février 2008, 16h44 | AFP

(Volker Hartmann - DDP/AFP) ZOOM
La justice allemande a annoncé mardi avoir pris dans ses filets plus de 160 personnes dans le cadre d'une enquête phare sur la fraude fiscale, via le Liechtenstein, qui touche désormais plus de 10 pays.
Le procureur du parquet de Bochum, Hans-Ulrich Krück, qui chapeaute l'enquête allemande, a indiqué mardi lors d'un point de presse que les services fiscaux ont déjà récupéré quelque 27,8 millions d'euros auprès de 91 fraudeurs qui ont reconnu les faits et de 72 personnes qui se sont elles-mêmes dénoncées dans l'espoir d'échapper à des poursuites criminelles.
"La somme (récupérée) croît chaque jour", a affirmé M.
Krück qui a confié que rien que pour l'Etat de Rhénanie-Westphalie, l'enquête était menée par huit procureurs et 139 enquêteurs fiscaux.
Au départ, a-t-il ajouté, l'enquête visait des personnes soupçonnées d'avoir secrètement placé environ 200 millions d'euros auprès de la banque LGT au Liechtenstein, ainsi que des employés de trois banques allemandes soupçonnés de les avoir conseillé en ce sens.
Les investigations se sont maintenant étendues à une deuxième banque à l'étranger, a-t-il ajouté sans autre précision.
Le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung croit savoir qu'il s'agit d'une filiale du groupe bancaire suisse Vontobel, au Liechtenstein.
A Zurich, Vontobel, spécialisée dans la gestion de fortune, a démenti mardi que des données confidentielles concernant ses clients au Liechtenstein aient été volées ou communiquées de manière frauduleuse.
Le directeur du Trésor public suédois Mats Sjöstrand a affirmé pour sa part mardi que son pays "fait partie d'un groupe de neuf pays de l'OCDE (Organisation pour la coopération et le développement économiques) qui, ensemble, ont reçu et étudient des informations sur des comptes au Liechtenstein".
Ce groupe comprend la Grande-Bretagne, la France, l'Italie, l'Espagne, le Canada, les Etats-Unis, l'Australie et la Nouvelle Zélande.
Un porte-parole du ministère allemand des Finances, Thorsten Albig, avait indiqué lundi que Berlin allait partager ses informations -- pour lesquelles les services secrets allemands ont versé plus de 4 millions d'euros -- en vertu d'accords de coopération avec les administrations fiscales d'autres pays.
La banque LGT Group, de la petite principauté alpine du Liechtenstein, avait affirmé pour sa part lundi que des données volées en 2002 par l'un de ses employés avaient non seulement été transmises aux autorités allemandes, mais aussi "apparemment (...) à d'autres autorités".
Le ministre danois des Impôts, Kristian Jensen, fait partie des rares responsables à s'être déclaré hostile à l'idée d'utiliser des renseignements achetés à un informateur pour démasquer les fraudeurs du fisc.
"Je pense que c'est un problème moral de récompenser un criminel pour quelques informations qu'il a volées. Je n'aime pas cette forme avancée de recel et je ne pense pas que cette éthique constitue la manière juste d'assurer le paiement correct des impôts" par les contribuables, a-t-il déclaré à la presse.
Ces informations ont permis à la justice allemande de lancer, à la mi-février, une vaste enquête sur la fraude fiscale, visant notamment des personnalités connues comme Klaus Zumwinkel, le patron de la Deutsche Post qui a depuis démissionné.

Au départ, l'enquête visait des personnes soupçonnées d'avoir secrètement placé environ 200 millions d'euros auprès de la banque LGT au Liechtenstein, ainsi que des employés de trois banques allemandes soupçonnés de les avoir conseillé en ce sens.
(Fabrice Coffrini - AFP)


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