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CYCLONE NARGIS

La junte ouvre une porte aux secours

samedi 17 mai 2008, 12h26 | AFP

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La junte militaire birmane a laissé entrer samedi du personnel médical asiatique et emmené des diplomates sur les lieux du cyclone Nargis, qui a fait plus de 133.000 morts et disparus, ce qui en fait l'une des catastrophes naturelles les plus meurtrières de l'histoire récente.

La centaine de médecins et d'infirmières asiatiques déjà en Birmanie --comme des Thaïlandais et des Indiens-- ou en passe d'y être, forment le plus grand groupe d'experts étrangers censés porter secours aux quelque deux millions de sinistrés, dont la majorité n'a pas reçu d'aide.

Signe aussi de l'ouverture timide consentie par le régime, la junte a emmené en hélicoptère, pour la première fois, des diplomates et des représentants de l'ONU vers des zones du delta de l'Irrawaddy dévastées le 3 mai par Nargis.



Cette région du sud-ouest birman est de facto fermée aux journalistes.

«Ce qu'ils nous ont montré avait l'air très bien, mais ils ne nous ont pas montré l'ensemble du tableau», a raconté Chris Kaye, directeur local du Programme alimentaire mondial (PAM) de l'ONU.

Dans le même temps, le Mistral, bâtiment de la marine nationale française, est arrivé au large des côtes birmanes, mais sans qu'un accord n'ait été trouvé sur la livraison de son fret humanitaire, selon l'état-major des armées françaises.

L'ambassadeur de France à l'ONU, Jean-Maurice Ripert, a dit vendredi avoir vivement réagi lorsque le représentant de la Birmanie a reproché à Paris d'envoyer «un navire de guerre».

M. Ripert a aussi plaidé pour une action plus énergique des Nations unies afin de convaincre la Birmanie --méfiante à l'égard des étrangers, surtout les Occidentaux, et jalouse de sa souveraineté-- de laisser entrer massivement des secours internationaux.

«J'ai dit que ce qui se passait est inacceptable, que l'aide n'arrivait pas et qu'aujourd'hui les gens mouraient, plus uniquement du fait du cyclone mais aussi du fait du refus par les autorités du Myanmar (Birmanie) d'autoriser l'aide internationale», a-t-il accusé.

«Des dizaines de milliers de vies ont été perdues, des centaines de milliers pourraient l'être», a prévenu le diplomate français.

Avec 77.738 morts et 55.917 disparus --un bilan effroyable surtout à l'échelle d'un pays de 57 millions d'habitants-- la communauté internationale redoute une «deuxième catastrophe» et tente, grâce à la médiation des Asiatiques, d'assouplir la position du régime birman.

«Toute la pression doit être mise (en oeuvre), tous les moyens rhétoriques et diplomatiques doivent être mis en avant pour les amener à comprendre qu'ils doivent nous aider à les aider», avait plaidé vendredi le commissaire européen au Développement Louis Michel, de retour de Rangoun.

«Mais je sens aussi de la réticence parce que la relation entre les autorités (birmanes) et la communauté internationale (n'est) bien sûr pas très positive. Si bien qu'elles hésitent», avait-il expliqué à l'AFPTV.

La Birmanie, dirigée par des juntes militaires depuis 1962, est frappée de sanctions américaines et européennes depuis plus de dix ans. «Il reste cette suspicion et eux mettent ça en relation sans doute --même pas sans doute, sûrement-- avec les sanctions», avait relevé M. Michel.

Reste qu'une partie de l'aide des Etats-Unis a pu, elle, être livrée vendredi directement, pour la première fois, aux ONG étrangères en Birmanie, a indiqué le département d'Etat.

Quatre nouveaux avions ont atterri vendredi à Rangoun, a annoncé le porte-parole Sean McCormack. Les Etats-Unis devraient continuer leur approvisionnement à raison de quatre à cinq vols samedi et dimanche, «et nous espérons qu'une partie de la cargaison sera également directement livrée aux ONG internationales pour qu'elles la distribuent dans les régions touchées», a dit M. McCormack.

«Nous voyons réellement une nouvelle tendance, en tout cas aujourd'hui», s'est-il félicité.

Du côté de l'ONU, le responsable des Affaires humanitaires John Holmes devrait être en Birmanie dimanche.

Les Nation unies attendent le résultat d'une réunion ministérielle, lundi à Singapour, des pays de l'Association des nations d'Asie du Sud-Est (ASEAN), dont la Birmanie est membre, pour décider du lieu et des participants à une autre «conférence d'appel de fonds» qui pourrait se tenir à Bangkok le 24 mai.

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