vendredi 16 mai 2008, 12h45 | AFP
L'épouse d'Ohn Kyi avait survécu au cyclone en Birmanie mais elle est décédée deux jours plus tard. Nyunt, âgée de 52 ans, n'a pas résisté au froid sous des pluies battantes.
Deux semaines après le passage du cyclone Nargis qui a fait plus de 71.000 morts et disparus selon un bilan officiel provisoire, des pluies saisonnières continuent d'aggraver les conditions de survie de dizaines de milliers de sinistrés dans la région du delta de l'Irrawaddy, dans le sud-ouest, la plus touchée par la catastrophe.
Des organisations humanitaires avertissent que davantage de personnes pourraient mourir, comme Nyunt, si le régime militaire birman continue de refuser une aide internationale massive au profit des rescapés de l'Irrawaddy, une zone totalement fermée aux journalistes étrangers.
Après la destruction de sa maison, Ohn Kyi, âgé de 57 ans, pensait qu'il pourrait s'en sortir avec son épouse. Il avait trouvé une petite embarcation pour rejoindre une route à travers des canaux.
Mais le temps s'est de nouveau gâté et «on s'est accrochés à une berge pour ne pas être emportés par le vent», a raconté ce paysan à l'AFP.
Avec des voisins, ils ont construit une hutte mais leurs vêtements étaient trempés. Nyunt «a survécu au cyclone mais pas au froid», s'est lamenté Ohn Kyi.
Les Nations unies estiment que quelque deux millions de personnes ont été gravement sinistrés par le cyclone Nargis, vivant aujourd'hui dans des abris de fortune et manquant de tout, notamment de nourriture et d'eau potable.
Joe Lowry, qui a récemment quitté Rangoun où il travaillait pour la Fédération internationale de la Croix-Rouge, a indiqué que le sort des sans-abri devait être la priorité des priorités.
«Avec l'aggravation des conditions météorologiques, un toit constitue le besoin le plus pressant», a-t-il dit.
Atravers presque toute la région du delta, les rizières sont inondées par l'eau de mer tandis que les silos des agriculteurs ont été emportés ou endommagés par des vents et des pluies diluviennes.
Du riz pourrit sur le bord des routes, dégageant une forte odeur. Ohn Kyi a perdu cette céréale, aliment de base en Asie, qu'il avait récoltée sur ses 1,6 hectare. La plupart des paysans de la zone frappée par le cyclone ont subi le même sort et les villageois ont désespérément besoin de nourriture.
Des fermiers affamés tentent de prendre des bateaux pour rejoindre d'autres villages et des axes routiers plus fréquentés, dans l'espoir que des bienfaiteurs privés venus de Rangoun, la plus grande ville de Birmanie, leur distribuent quelques vivres.
«Nous avons besoin de riz, d'abri et de vêtements chauds», a lancé Tun Win, 33 ans, qui est du même village qu'Ohn Kyi.
«Nous voyons des camions (gouvernementaux) transportant des tonnes de nourriture passer tous les jours sur cette route, mais nous ne recevons rien d'eux. Les seuls à nous aider sont des citoyens ordinaires».
Min Sein, 28 ans, s'est lui aussi installé au bord de la chaussée. «Je suis vraiment reconnaissant à tous ces gens qui nous fournissent de la nourriture mais il y a beaucoup de villageois qui sont restés derrière. Il s'agit essentiellement de personnes âgées, de femmes et d'enfants».
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