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A Lille, la campagne sereine de Martine Aubry Franck Antson et Eric Hacquemand

vendredi 29 février 2008 | Le Parisien

(LP/ERIC POLLET.)

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La maire de la capitale des Flandres a conforté son implantation à l'hôtel de ville, où son bilan est apprécié, et devance largement, selon notre sondage, tous ses rivaux. Seul point d'interrogation : le contrôle du Grand Lille.

LES SONDAGES se suivent et se ressemblent pour Martine Aubry. Candidate à sa succession, la maire de Lille, élue à la tête de la capitale des Flandres en 2001, fait figure de grande favorite pour les élections des 9 et 16 mars. Selon notre enquête CSA-Dexia, elle frôlerait même l'élection au premier tour avec 49 % des voix face à son challenger, le député UMP Sébastien Huyghe (21 %).

De quoi autoriser un retour sur le devant de la scène politique de l'ex-numéro deux du gouvernement de Lionel Jospin.

Intronisée par le « pape » du Nord Pierre Mauroy, qui l'a choisie comme première adjointe en 1995, l'ex-dame des 35 heures a trouvé ses marques chez les Ch'tis. Longtemps, sa forte personnalité et la fermeté de ses méthodes lui ont valu de solides inimitiés, à l'extérieur comme au sein de son propre camp. Mais aujourd'hui, Aubry a un bilan approuvé par 75 % des sondés. « Lille capitale européenne de la culture en 2004 » a valorisé l'image d'une cité high-tech et dynamique. « On a même fait la une du magazine Time à New York », s'enorgueillit la maire. Il reste à mieux partager les fruits de cette croissance retrouvée : la moitié de la population lilloise n'est pas imposable. C'est là que « la machine » Aubry se met en branle. Lundi dernier, réunion publique dans le « quartier à pétitions » de Saint-Maurice Pellevoisin. Pendant deux heures, Aubry, stylo laser en main, détaille ses projets d'aménagement sur grand écran : là des nouveaux logements sociaux, ici des pistes cyclables... le tout sans augmenter les impôts. C'est sans fioritures, mais l'effet est garanti.

« Et pourquoi pas vous en 2012 ? » lance un militant associatif en pensant à la prochaine présidentielle. Il n'obtiendra pas de réponse. Après le 16 mars, il faudra d'abord prendre en main le Grand Lille, premier budget au nord de l'Ile-de-France avec 1,5 milliard d'euros. Ce n'est pas fait : si la gauche est bien partie à Lille, la victoire n'est pas assurée à Tourcoing ou Villeneuve-d'Ascq, où se joue l'avenir de la communauté urbaine. En cas de victoire, l'actuel président Pierre Mauroy soutiendra Aubry à la seule condition, croit savoir un dirigeant national du PS, que sa victoire annoncée ne lui donne pas le tournis et qu'elle « reste à Lille pendant au moins trois ans ».

Une nièce de Mauroy sur la liste UMP

Finalement, l'ex-ministre ne redoute qu'une chose aujourd'hui : la démobilisation. A droite, la concurrence est fragilisée. L'UMP a investi Sébastien Huyghe, jeune député de 38 ans. « Tombeur » d'Aubry aux législatives de 2002 en banlieue lilloise, ce fils de commerçants souffre d'un manque de charisme et ses projets restent vagues. Son plus joli coup est d'avoir débauché une nièce de Pierre Mauroy comme numéro deux de sa liste. Ce qui ne l'a pourtant pas aidé à rattraper son retard. « Une surprise reste possible », aime-t-il à rappeler.

Le candidat vert Eric Quiquet, 38 ans, s'est engouffré dans la brèche : « Le véritable rempart à l'hégémonie socialiste, c'est nous », clame l'adjoint au maire à l'environnement qui entend conforter son score de 15 % obtenu en 2001. A moins que le candidat centriste Jacques Richir ne vienne lui aussi jouer les trouble-fête. Investi par le MoDem, ce médecin bien implanté espère surfer sur le bon score de François Bayrou à la présidentielle (18 % à Lille). Quant au Front national, il ne semble plus en mesure de forcer une triangulaire comme en 2001. La bataille du beffroi paraît pour l'instant à sens unique.

REPERES
Population :
226 800 habitants.
Budget : 396 millions d'euros.
Taux de chômage : 10,2 %.
MUNICIPALES de 2001, second tour : Aubry (PS), 49,60 % ; Decocq (RPR), 37,54 % ; Bernard (FN), 12,86 %.
PRESIDENTIELLE 2007, second tour : Royal, 55,92 % ; Sarkozy, 44,08 %.

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