mardi 15 avril 2008 | Le Parisien

(SIPA/CHESNOT.) ZOOM
ESQUIVER et renvoyer à l'expéditeur ! Habile, François Bayrou a retourné à son avantage la récente note d'un conseiller de l'Elysée détaillant comment le « tuer » politiquement. Dans une déclaration « importante » (sic) à la presse, il a dénoncé hier les manoeuvres « d'une clarté biblique » de l'Elysée et prévenu : pas question de tolérer « le bazar » ! Et le député béarnais accuse : « Nous savons de manière certaine que des mouvements, présentés comme internes au MoDem, n'avaient en réalité pas grand-chose de spontané et qu'ils étaient dirigés et agités de l'extérieur. Pour parler clairement, de l'Elysée.
»
« La
déloyauté, le cynisme
»
Une référence implicite au flottement au sein du groupe centriste
du Sénat, dont on a vu le président Michel Mercier à l'Elysée, aux demandes récurrentes pour
ressusciter l'UDF et aux interrogations sur son patrimoine immobilier. « On attendait du président
qu'il s'occupe de l'essentiel pour le pays. L'intrigue, la déloyauté, le cynisme, ce n'est pas
cela que l'on attend des gouvernants ! » a-t-il ironisé, trouvant « naïf de cibler des élus
en leur promettant portefeuilles, galons et chamarrures ».
Le président du MoDem, qui a finalement
accepté de réunir, mercredi, le bureau de l'UDF - parti qu'il se refuse d'ores et déjà à ressusciter
-, a affûté la contre-attaque : il consultera adhérents et militants sur l'indépendance du MoDem
et réunira le 14 mai un conseil national. « C'est l'heure de la grande clarification et elle
aura lieu avant l'été. » Avis à ceux qui demanderaient le retour « à l'UDF d'antan ». « Chacun
devra dire s'il est en accord avec le vote des adhérents ou si au contraire il estime devoir
choisir un autre chemin... »
Bayrou présentera, lui, un texte d'orientation, conforme au congrès
fondateur du MoDem, sur l'indépendance du mouvement et met au défi quiconque d'en faire de même
pour défendre une autre ligne. S'il n'était pas suivi - ce qui est peu probable - il cesserait
« évidemment » de présider le MoDem où il se refuse à laisser exister des « courants », qu'il
s'agisse de l'UDF ou de CAP 21, de Corinne Lepage.
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