samedi 17 mai 2008 | Le Parisien

LP/PHILIPPE LAVIEILLE.ZOOM
L'ancien ministre Bernard Tapie, devenu acteur, n'exclut pas un retour sur la scène politique. Il se dit même prêt à devenir député à l'occasion des élections européennes de l'an prochain. Le PRG réunit son congrès ce week-end à Paris.
ALORS QUE les radicaux de
gauche se réunissent ce weekend
en congrès à Paris, l'ancien
ministre regrette l'orientation Astratégique du PRG. Après avoir
juré qu'il ne reviendrait jamais en politique,
l'ex-patron de l'OM assure pour la première
fois qu'il pourrait être à nouveau candidat aux
européennes, l'année prochaine.
Etes-vous toujours proche de votre
famille d'origine, les radicaux
de gauche ?
Bernard Tapie. Plus que jamais ! Les valeurs
défendues par les radicaux sont toujours
d'actualité : la reconnaissance des talents individuels
compatibles avec le sens de l'intérêt général.
C'est comme au foot : les joueurs peuvent
être complémentaires, si individuellement
ce sont des tringles, ça ne fait pas une équipe.
Mais il faut jouer ensemble. Devant le savoir, la
justice, la santé, les Français doivent être égaux.
Pourtant, les radicaux restent
marginaux...
C'est dommage. Christiane Taubira incarne
toujours ces valeurs. Le PRG ne doit pas rester
une chapelle à la remorque du PS.Cette stratégie
est nullissime. Ce que je souhaite, c'est que
le parti s'interroge sur son alliance éternelle
avec les socialistes et qu'il laisse de côté les
combines.
Vous êtes d'accord quand le président
du PRG, Jean-Michel Baylet, prône
« l'indépendance vis-à-vis du PS » ?
S'il le fait, je bois le champagne...Que les radicaux
restent de gauche, d'accord. Mais qu'ils
défendent d'abord leurs idées, leur philosophie,
au lieu de se jeter dans les bras du PS quoi
qu'il fasse et qu'il dise.
En 1992, vous avez atteint 12 % des
voix aux européennes. Pourriez-vous
être candidat l'an prochain ?
Candidat ? Pourquoi pas ? Je vais voir avec
Jean-Michel Baylet s'il y a une opportunité de
rejoindre le Parlement européen aux élections
de 2009. J'ai la passion de l'Europe. Tout se
joue désormais à cet échelon. La France, c'est
2 % du monde. Qu'est-ce que l'on peut faire
seul ? Rien. Ministre, maire... ce n'est plus
pour moi. Mais s'investir à l'échelle européenne,
là oui, je suis partant, et ce n'est pas
incompatible avec le théâtre.
« Aujourd'hui,
je revoterais Sarkozy »
De quoi la gauche a-t-elle besoin pour
regagner une élection présidentielle ?
Les dirigeants socialistes doivent s'interdire de
critiquer sans apporter des propositions aux
problèmes posés. Leur campagne interne les
amène à prendre des postures sans rapport
avec les préoccupations des Français. Qui va
remplacer François Hollande ? Mais tout le
monde s'en fout !
Ségolène Royal peut-elle devenir
le leader de la gauche ?
Jusqu'à présent, elle a assumé ses responsabilités.
Mais entre être présidente de Poitou et présidente
de la République, il y a une grande
marche...
Après un an de pouvoir, le bilan
de Nicolas Sarkozy est-il bon ?
Des deux candidats en finale, j'avais choisi Sarkozy.
Aujourd'hui, je referais le même choix. A
l'opposé des humeurs du moment, je suis certain
que les Français aussi. Quant au bilan,
c'est comme un match de foot, ça dure quatrevingt-
dixminutes...On connaît le score à la fin
de la partie. D'ici là, tous les commentaires relèvent
du café du commerce. Le programme de
Sarkozy sera jugé dans quatre ans. Je serai le
premier à le critiquer s'il a tout fait à l'envers.
Mais d'ici là, de grâce, attendons.
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