lundi 18 février 2008, 12h02 | leparisien.fr
Une sortie d'école, deux douzaines de boutiques et une réunion d'appartement en deux heures : quand Rachida Dati sillonne le VIIe à la pêche aux voix, c'est tambour battant, avec son sourire impeccable comme premier message.
Les jours de campagne, sa frêle silhouette habillée par les meilleurs couturiers ne passe pas inaperçue sur les belles avenues à deux pas de la Tour Eiffel. Car la Garde des Sceaux se déplace presque toujours flanquée d'une flopée de colistiers et d'admiratrices, d'inévitables journalistes et du maire d'arrondissement Michel Dumont qui lui a laissé la première place sur la liste UMP.
La petite meute quadrille alors tout un secteur, zigzaguant d'un trottoir à l'autre, n'épargnant aucun commerce. «Ne serait-ce que pour dire bonjour, histoire que les gens me visualisent», affirme celle qui est une des «stars» du gouvernement, coqueluche des magazines féminins.
Ici, elle dédicace son tract électoral pour un enfant, là un adolescent insiste pour se faire photographier à ses côtés et la trouve «plus belle qu'à la télé». Plus loin, chez une modiste, elle essaie un chapeau en plumes de pintade qui se marie parfaitement à sa veste en cuir, son pantalon noir et ses escarpins chamarrés à talons fins. Partout, on loue son «élégance», sa «grâce naturelle», son «côté cosmopolite qui fera du bien au VIIe».
Son programme? Réhabiliter le Champ de Mars, mieux prendre en charge la petite enfance et le troisième âge, lutter contre les braquages dans les beaux quartiers... Mais bien souvent, la jeune ministre qui, à 42 ans, fait son baptême du feu électoral a du mal à trouver les mots.
Quand une pharmacienne dénonce les yeux dans les yeux son parachutage, arguant que son agenda de ministre ne lui laissera guère de temps pour s'occuper du VIIe, Rachida Dati reste coite quelques secondes, tout sourire, puis se fend d'un «si j'étais pas sûre de pouvoir le faire, je ne l'aurais pas fait». Et repart aussi sec.
Les apparitions chez les commerçants sont la plupart du temps trop brèves pour aborder des sujets de fond. Car il faut filer vers une réunion d'appartement, qu'elle enchaîne à raison d'une par soir et trois les samedis et dimanches.
«Tout est une question d'organisation», résume la ministre en campagne dans un arrondissement acquis à la droite, où Nicolas Sarkozy, son mentor, a fait l'un de ses meilleurs scores au second tour de la présidentielle.
L'absence in fine de dissidence dans son propre camp devrait apporter à la ministre la victoire sur un plateau : un sondage réalisé par Ifop lui accorde 46% des voix au premier tour, devant la liste PS-PCF-PRG conduite par Laurence Girard (28%) et celle du MoDem emmenée par Véronique Delvové (17%). Au second tour, la liste de Rachida Dati l'emporterait haut la main, à 60%.
Fière de partir avec une UMP unie, elle affiche comme principal objectif celui de récupérer celui des cinq sièges du VIIe au conseil de Paris tombé dans le giron de la gauche en 2001, pour cause de division à droite. Mais continue d'entretenir le flou sur son intention de réellement devenir maire.
«C'est une décision que nous prendrons en équipe après le second tour», martèle-t-elle, ajoutant que beaucoup dépendra de la victoire ou non de Françoise de Panafieu à la mairie de Paris.
En cas de lourde défaite de cette dernière se posera alors la question de qui doit diriger l'opposition au Conseil de Paris. «Est-ce que Sarkozy va lui dire qu'elle le fasse?», s'interroge un proche de mme Dati.
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