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Raffarin veut la tête de Royal Béatrice Houchard

lundi 14 avril 2008 | Le Parisien

ABACA/BERNARD PATRICK.

ABACA/BERNARD PATRICK.ZOOM

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Après la condamnation en appel de l'ex-candidate du PS à la présidentielle pour « licenciement abusif », l'ancien Premier ministre demande sa démission de la présidence de la région. La campagne des régionales est ouverte.

C'EST REPARTI ! Entre Jean-Pierre Raffarin et Ségolène Royal, les deux ennemis jurés de Poitou-Charentes depuis tout juste vingt ans, la hache de guerre est à nouveau déterrée. L'ancien Premier ministre, qui est aussi l'un des prédécesseurs de l'ex-candidate socialiste à la tête de la région, demande ni plus ni moins que... sa démission.

Motif : Royal a été condamnée la semaine dernière par la cour d'appel de Rennes pour le licenciement abusif de deux assistantes parlementaires qui, au terme de dix ans de procédure, réclamaient leur dû, à savoir leurs arriérés de salaires et les bulletins de paie qui vont avec.

« Un flagrant délit de double jeu »

Pour Raffarin, pas de doute possible : ce jugement « disqualifie M m e Royal pour l'exercice de responsabilités sociales », écrit-il dans un communiqué cosigné avec Elisabeth Morin, qui lui avait succédé comme présidente de région avant d'être battue par Royal en 2004. « La présidente de Poitou-Charentes, qui donne des leçons à la terre entière mais qui traite ses collaboratrices de manière condamnable, se trouve aujourd'hui face à ses mensonges », jugent-ils.

Hier après-midi, entre deux averses sous le ciel du Grand Ouest, Raffarin ne décolérait pas : « Le licenciement abusif n'est pas une pratique pour qui prétend exercer de hautes fonctions », confie-t-il au « Parisien » et à « Aujourd'hui en France ». Il condamne « la volonté d'avoir toujours raison » de Royal, « son attitude supposée participative qui est en réalité de la brutalité », son « arrogance » et son caractère « méprisant ». Et ironise : « La dame en blanc sur la muraille de Chine se livre à des pratiques condamnables au point d'être condamnées. C'est un flagrant délit de double jeu. » Avant d'enfoncer le clou : « M m e Royal est magistrat, formée à l'ENA. Quand on veut être le premier magistrat de son pays, une condamnation en matière sociale est profondément choquante. »

L'ancien Premier ministre rappelle une autre condamnation de Ségolène Royal contre le comité régional du tourisme, et le contentieux qui l'oppose à son premier vice-président socialiste, Jean-François Fountaine, récemment mis sur la touche. Et conclut : « Elle est fâchée avec le Code civil, administratif et social. En matière de dialogue social, elle est peut-être croyante, mais sûrement pas pratiquante. » Sollicitée hier, Ségolène Royal n'avait pas encore réagi aux propos de celui qu'elle retrouvera en face d'elle, en 2010, pour les régionales en Poitou-Charentes. Elections dont la campagne est partie sur les chapeaux de roue.

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