samedi 12 avril 2008, 17h09 | AFP
Le moine bouddhiste français Matthieu Ricard, proche du dalaï lama, a été reçu samedi par le président de la République Nicolas Sarkozy, avec qui il a évoqué «diverses options» pour faciliter le dialogue entre le chef spirituel des tibétains en exil et Pékin
Matthieu Ricard a précisé qu'il n'était pas «mandaté par qui que ce soit» et qu'il entendait apporter un témoignage «impartial et sincère». Il a affirmé que la crise tibétaine avait fait 192 morts et conduit à 2.300 arrestations.
«Le président est très concerné par le fait qu'un dialogue doive s'ouvrir pour que cette question du Tibet soit résolue de façon satisfaisante», a déclaré Matthieu Ricard à l'issue de l'entretien.
Interrogé, l'Elysée a confirmé la tenue de la rencontre, sans donner de précisions.
«Différentes options ont été envisagées et je ne pense pas que ce soit à moi d'en révéler le contenu», a ajouté le moine, interprète français du dalaï lama, qui vit dans un monastère au Népal.
Il a toutefois évoqué l'idée avancée par le chef de la diplomatie Bernard Kouchner que le dalaï lama, qui vit en exil dans le nord de l'Inde, soit reçu par l'ensemble des ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne.
Le président Nicolas Sarkozy a lié mardi sa participation à la cérémonie d'ouverture des JO de Pékin, en août, à un dialogue entre Pékin et le dalaï lama. La France assurera la présidence de l'Union européenne au moment des Jeux.
«J'ai l'espoir que quelque chose peut bouger pour la première fois depuis bien longtemps», a ajouté le moine bouddhiste, fils du philosophe et écrivain français Jean-François Revel et auteur de best-sellers traduits dans le monde entier.
Matthieu Ricard a également indiqué avoir, lors de sa rencontre avec le chef de l'Etat, «mis l'accent sur la crédibilité des informations qui sont venues de la part de Tibétains».
«Il y a bien 192 morts qui ont été identifiés par nous, on pense qu'il y a 2.300 arrestations de personnes dont on n'a aucune idée de là où elles sont maintenant», a-t-il déclaré.
Matthieu Ricard a qualifié de «langue de bois habituelle» les propos tenus samedi par le président chinois Hu Jintao, qui a affirmé que les «obstacles pour des discussions» étaient du côté du dalaï lama.
«Le dalaï lama ne demande qu'une chose, c'est de rencontrer le président Hu Jintao, le Premier ministre, pour discuter sans pré-conditions», a-t-il dit.
La Chine accuse le dalaï lama d'avoir fomenté les manifestations qui ont débuté le 10 mars dans la capitale tibétaine, Lhassa, avant de dégénérer le 14 mars en émeutes et de s'étendre aux provinces chinoises voisines où vivent des communautés tibétaines.
Les dirigeants tibétains en exil affirment que la répression chinoise a fait plus de 150 morts, non seulement au Tibet mais dans les régions avoisinantes, tandis que la Chine accuse des «émeutiers» tibétains d'avoir tué 18 civils et deux policiers.
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Economie | Le Parisien | 12-04-2008