samedi 12 avril 2008, 20h30 | AFP
Quelques centaines de manifestants ont protesté contre le paiement par les malades d'une franchise sur les boîtes de médicaments, les actes paramédicaux... mise en place depuis janvier.
Des rassemblements contre les franchises médicales en vigueur depuis le 1er janvier ont eu lieu samedi à Paris et en province à l'appel de Bruno-Pascal Chevalier, un malade du sida en «grève des soins» depuis sept mois.
Les manifestants étaient invités par M. Chevalier, soutenu par plusieurs associations de malades, syndicats ou partis de gauche, à déposer des boîtes de médicaments devant les préfectures ou le ministère de la Santé.
Quelques centaines de personnes se sont ainsi rassemblées devant ce ministère, à Paris, autour d'un tas de boîtes de médicaments, pour dire «oui à la santé, non aux franchises médicales», comme écrit sur la principale banderole du rassemblement, a constaté un journaliste de l'AFP.
Des associations comme l'AFD (diabétiques) ou Act Up (VIH) étaient représentées aux rassemblement, de même que le PS, le Mouvement des jeunesses socialistes ou le PCF. Des pancartes noires demandaient notamment qu'il n'y ait «pas de taxes sur nos vies».
Interrogé par des journalistes sur son état de santé, M. Chevalier a répondu: «Je ne sais pas. Je ne vais pas voir de médecin. Je suis fatigué (...) Ca fait sept mois que je ne prends pas de traitement. Oui, je ne dors pas beaucoup. Oui, je suis très fatigué». «Oui, j'ai certains symptomes, mais je ne vais pas faire de la téléréalité», a-t-il lancé à l'adresse des caméras présentes au rassemblement, en affirmant qu'il mène son combat au nom de tous les malades qui n'arrivent pas à payer leur traitement.
AToulouse, une quarantaine de personnes se sont rassemblées place du Capitole pour manifester contre les franchises, a constaté un journaliste de l'AFP.
Des militants du Dal (Droit au logement), du PCF et d'Act Up ont déployé des banderoles «Assurance maladie solidaire = Vie» et «Franchises médicales, coupables d'être malades». Le maire de Toulouse, Pierre Cohen (PS), est venu apporter son soutien aux manifestants.
A Strasbourg, entre 60 (police) et 80 personnes (organisateurs) ont aussi déposé des boites de médicaments devant la préfecture. «Le système de santé repose de plus en plus sur le malade (...) Ce type de mesures s'accumule depuis une quinzaine d'années», a dénoncé le président d'Aides (VIH) Bas-Rhin Jean-Michel Meyer, fustigeant ces dispositifs qui constituent «une barrière dans l'accès aux soins».
Dans l'ouest, trois cent personnes ont manifesté samedi à Nantes, et entre 150 et 200 personnes à Lorient, selon le collectif départemental du Morbihan et la police.
Depuis le 1er janvier, les assurés sociaux doivent payer 50 centimes par boîte de médicament et par acte paramédical, et deux euros par transport sanitaire, dans la limite de 50 euros par an, afin de financer, selon le gouvernement, la lutte contre la maladie d'Alzheimer et le cancer.
Les franchises s'ajoutent au forfait d'un euro sur chaque consultation ou acte médical, depuis 2004, également plafonné à 50 euros par an et par patient.
Afp | 12.04.08 à 16h09
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Economie | Le Parisien | 12-04-2008